XLe Congrès de la Société des Hispanistes Français
Université d’Artois-Arras
8 juin-10 juin 2022
 
LA NUIT DANS LE MONDE IBÉRIQUE ET IBÉRO-AMÉRICAIN
 
Souvent définie comme un espace de temps qui s’écoule, en un lieu donné de la terre, depuis la disparition du soleil jusqu’à son lever, la nuit possède une dimension universelle puisqu’elle touche tous les êtres humains et recouvre des significations variables.
En l’absence de clarté de la lune, elle est associée de manière métaphorique à l’incompréhension, au manque d’intelligibilité et à l’aveuglement ou, pire encore, aux ténèbres où règne la présence maléfique du démon. Jean Delumeau nous rappelle en effet que la peur de la nuit, et de toutes ses figurations symboliques, remonte aux temps de l’écriture biblique où le destin de chacun est lu à l’aune de la dualité entre lumière et obscurité[1]. Dans une perspective chrétienne, le dépassement des épreuves, associées à l’obscurité, peut hisser l’humanité vers la lumière rédemptrice et la promesse du Salut éternel. Le Bien triomphe alors dans l’éclat du jour, de ce que l’on voit et conçoit nettement. Il entre dans les cadres doctrinaux et sociaux définissant les normes d’une conduite individuelle et collective qui favorisent la cohésion du plus grand nombre, l’harmonie dans les relations humaines au sein d’un État ordonné et sécurisant. Le Mal, en revanche, trouve refuge dans les confins obscurs de ce qui est caché, de ce qui se dérobe à la vue de tous. Dans le tâtonnement qu’impose la nuit noire, chacun se laisse orienter par sa conscience, régulée alors par l’éthique personnelle. C’est le temps chaotique du dérèglement comportemental où le crime et la bestialité peuvent prendre le pas sur la canalisation morale induite par le jour.
Selon l’adage, « Dans la nuit, tous les chats sont gris », la transgression sociale s’accompagne parfois d’un franchissement des limites de la morale et du communément et normalement acceptable. Ce moment devient l’expression emblématique de la marginalité, de la transgression sous toutes ses formes. La dangerosité qu’il installe s’explique alors par le désordre qu’implique l’absence de règles, de contrôle civil et religieux. L’esprit se libère pour le meilleur et pour le pire, il s’affranchit du joug de la censure en repoussant les frontières diurnes de l’expression. La monstruosité qui peut alors surgir échappe aux brides de la raison pour accueillir toutes les projections imaginaires dont l’art et la littérature nous donnent à voir d’éloquents exemples. Les divagations d’un Goya, englouti dans la nuit du silence, ne sont-elles pas l’expression éclatante de notre condition humaine ? La nuit révèle-t-elle l’humain à lui-même ? Permet-elle d’éclairer l’envers de ce qu’il montre au quotidien ? Si les avancées de la psychanalyse aident à en comprendre les signes, certaines manifestations surnaturelles surgissant dans la nuit échappent à toute tentative explicative. Les revenants, les êtres fantomatiques s’inscrivent dans une galerie spectrale terrifiante associée à la nuit et à la crise qu’elle symbolise[2]. Toutes ces formes d’une humanité hybride hantent l’obscurité jusque dans les profondeurs de l’intime, pour se rendre visibles à certains au détriment – ou au bonheur – des autres. La question soulève inévitablement celle du rapport que chacun entretient avec le monde rationnel. Selon ce que l’on connaît et surtout ce que l’on croit[3], notre vision ouvre des champs du possible plus ou moins larges en peuplant le paysage diurne de foules bizarres. La sorcellerie et l’empire satanique auxquels la nuit est souvent associée y trouvent un espace privilégié, où la clandestinité ne pose souvent pas problème.
Par ailleurs, dans le rythme inhérent aux exigences du labeur, la nuit impose un temps bénéfique. Le repos nocturne nécessaire pour reprendre le souffle diurne installe une dialectique aux multiples résonnances, celle de l’activité et de la passivité qui amène celle du mouvement et de l’immobilité, du bruit et du silence, de la communication et de la solitude, de la chaleur et du froid, de la joie et de la tristesse : autant de jeux d’opposition qui, au fond, s’articulent autour de l’opposition vie/mort symbolisée par la présence et l’absence de lumière. C’est cette association entre privation de lumière et mort que diffuse notamment à la suite des auteurs antiques, l’Iconologia de Cesar Ripa qui décrit la nuit comme « une femme vêtue d’un manteau bleu constellé, avec deux grandes ailes déployées dans le dos ; sa carnation est sombre, son front orné d’une couronne de pavots ; dans les bras, elle porte deux enfants endormis, à droite un enfant blanc (le Sommeil), à gauche un enfant noir (la Mort)… ».
Cependant, la réalité de l’expérience humaine autorise une lecture tout autre de la nuit. Inversement à cette lecture plutôt négative, on peut dire en effet que la nuit, c’est le temps du sommeil qui parfois « porte conseil » et du silence profitable, une période pendant laquelle l’intime se révèle à la dérobée du plus grand nombre. C’est aussi le temps du secret, de ce que l’on veut préserver du regard et de la connaissance publiques. La tranquillité qu’autorise la nuit, loin des feux et des fracas du monde, apaise et réenchante les âmes. Saint Jean de la Croix n’y expérimente-t-il pas l’union avec Dieu ? Car, comme le rappelle Alain, la nuit peut être synonyme de clarté et d’une plus grande attention à notre intériorité[4]. C’est l’occasion d’y voir loin, de découvrir les astres que la « claire coupole du jour » masque en empêchant de percer le mystère de notre existence.
Dans la pause qu’occasionne la nuit, l’individu peut s’adonner à des rituels de célébrations profanes et/ou sacrées dont les retombées heureuses intensifient la lumière du jour. Si l’effort et la contrainte accompagnent plus souvent le jour, la nuit peut laisser place aux plaisirs dans toute l’amplitude de ses formes, fussent-ils interdits ou autorisés. Selon les espaces et les périodes, les femmes investissent la nuit dans une liberté que le jour leur refuse.
La culture de la fête se déploie avec plus ou moins de fantaisie et d’excès dans cette permissivité induite par la nuit si l’on en croit le mouvement culturel de la Movida, sorte de longue nuit contre-pointant les lueurs de la transition démocratique. Noctambules et somnambules se croisent, se joignent ou se défient pour tout à la fois donner forme et sens à leurs intuitions fulgurantes.
Toutes ces réflexions liées à la temporalité nocturne ne doivent pas écarter les questions liées à la notion d’espace que convoque la nuit. Une cartographie pourrait même être pensée au regard des pratiques et des usages qui seraient étudiés dans le cadre du congrès. Si le désert et la grotte tissent des correspondances métaphoriques avec la nuit par le silence et l’inactivité sociale qu’ils impliquent, la ville et ses faubourgs, au contraire, provoquent inexorablement une multiplicité d’interactions humaines dans une agitation qui, si elle diminue la nuit ne connaît jamais de véritable répit.
Le congrès de la SHF sera ainsi l’occasion de mettre en lumière des appréhensions différentes et d’interroger l’évolution des représentations et des réalités liées à cet espace-temps au fil des époques et selon les aires culturelles. Plusieurs approches pourront être envisagées :
- Expériences de la nuit : on pourra, par exemple, s’interroger sur la nuit comme espace-temps où se manifestent, sous l’influence de l’obscurité, la tristesse et le désespoir, mais où se déploient aussi, à l’inverse, dans l’intimité et le secret, les formes multiples du plaisir. De même pourra-t-on s’intéresser aux peurs et aux angoisses que suscitent les dangers de la nuit ou à la fascination qu’exerce ce moment de liberté.
- Mots et images de la nuit : on pourra aussi étudier les termes et expressions autour de la nuit, les images qu’elle évoque, les symboles qui lui sont associés, ou encore ses différentes formes et fonctions textuelles.
- La nuit et les arts : on pourra s’intéresser aux représentations artistiques de la nuit, que ce soit en peinture, en musique ou au cinéma.
- Nuit, transgression, marginalité et contestation : une attention pourra être portée aux formes de la transgression et de la marginalité nocturnes et aux réponses symboliques et sociales qui ont été ou sont apportées à ces dernières. De même pourra-t-on s’interroger sur les dispositifs et la législation spécifiques mis en place pour un contrôle de la nuit et de l’insécurité qui l’accompagnait ou l’accompagne encore. La nuit pourra aussi être envisagée comme enjeu de mobilisation ou comme espace-temps de contestation et de lutte.
- Night studies : la nuit pourra être abordée, enfin, comme un nouveau champ thématique, apparu ces dernières années avec l’intérêt croissant pour un espace urbain où se développent de nouvelles pratiques ainsi que de nouvelles formes de sociabilité (nuits du musée, nuits blanches…).
 
Organisatrices : Marie-Hélène GARCIA, Caroline LYVET, Patricia ROCHWERT-ZUILI et Sarah VOINIER. Laboratoire Textes et Cultures-UR4028, TransLittéraires et Études Transculturelles.
Le congrès aura lieu les 8, 9, et 10 juin 2022 à l’Université d’Artois, sur le site d’Arras. Les propositions de communication (titres et résumés) sont à envoyer à l’adresse avant le 31 juillet 2021. Elles seront accompagnées d’une notice biobibliographique de 5, 6 lignes (nom, prénom, affiliation universitaire et/ou scientifique, thématiques de recherche et publications les plus significatives).
 
 
[1] DELUMEAU, Jean, La peur en occident, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2013, p. 112-113. Pour une étude de la perception de la nuit à la Renaissance, voir Daniel MÉNAGER, La Renaissance et la nuit, Genève, Droz, 2005. On pourra consulter également Penser la nuit (XVe-XVIIe siècle), Dominique BERTRAND (éd.), Actes du colloque international du C.E.R.H.A.C. (Centre d’Études sur les Réformes, l’Humanisme et l’Âge classique), Paris, Honoré Champion, 2003.
[2] CALLARD, Caroline, Le temps des fantômes, Paris, Fayard, 2019.
[3] Sur les systèmes de croyances, l’approche anthropologique ouvre des perspectives fécondes et propices à revisiter notre vision de la nuit : Jacques GALINIER et Aurore MONOD BECQUELIN, Las cosas de la noche, una mirada diferente, Mexico, Edition CEMCA, 2016.
[4] ALAIN, Les Idées et les âges, Paris, Gallimard, 1927, chap. I : « La nuit », p. 11-16.
 

 
Suite à la session de qualifications et de CRCT 2021, la section 14 a adopté à l’unanimité moins une voix la motion suivante :
 
"La section 14 du CNU réunie le 4 mars 2021 en assemblée plénière s’insurge contre le mépris dont est actuellement l’objet, en France, l’institution universitaire de la part du gouvernement et en particulier de la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (voir ses attaques directes à propos de pseudo-dérives islamo-gauchistes), un mépris parallèle à la mise en œuvre méthodique de sa fragilisation, sinon de sa destruction, par le biais de réformes imposées sans concertation et sans prise en compte des avis émanant de la communauté universitaire (LPR) que l’on cherche par ailleurs à diviser ; le tout dans un contexte organisé de pénurie qui asphyxie l’institution dans son ensemble.
La section 14 du CNU s’associe au désaveu général dont notre ministre est l’objet au sein de la communauté universitaire et à la demande de démission qui la vise. Un dialogue véritable et respectueux doit être rétabli de toute urgence avec l’université et les universitaires, notamment à travers ses instances représentatives, dont la CP-CNU. Elle appelle à une réaction concertée des équipes de recherche et de laboratoires, des différentes sections du CNU, des sociétés savantes, et du monde universitaire et de la recherche en général."
 

C’est avec une immense peine que nous avons appris le décès de Marie-Stéphane Bourjac, professeur de littérature espagnole. Agrégée d’Espagnol, titulaire d’une thèse de 3ème cycle consacrée à Juan Valera : Don Juan Valera et le naturalisme dirigée par Robert Ricard en 1971 et d’une thèse d’état (1985) : Eros et Thanatos en Espagne 1900-1920 (L’œuvre narrative de Felipe Trigo et de Antonio Hoyos y Vinent), elle a enseigné comme maître de conférences à Nice, puis en tant que professeur à Corte avant de rejoindre l’Université de Toulon où elle a terminé sa carrière en 2005.
 
L’excellente pédagogue qu’elle a été laisse una profunda huella, un souvenir inoubliable dans cette faculté des lettres car c’est à sa ténacité et à son énergie qu’on doit la création du département de LLCER Espagnol qu’elle a dirigé et développé pendant de nombreuses années. Par ailleurs elle a puissamment contribué au rayonnement du laboratoire Babel par ses travaux. Curieuse de tout et profondément humaine, avec le dynamisme espiègle que nous lui connaissions, Marie-Stéphane a jusqu’au bout été d’une inlassable activité, continuant à écrire et à publier, à communiquer, à assister aux manifestations qu’organisaient ses collègues, animant des tables-rondes. Généreuse, solidaire, altruiste, elle a donné, une fois à la retraite, son temps sans compter à nombre d’étudiants à qui elle dispensait conseils, encouragements et leçons. Beaucoup savent combien elle leur a apporté et n’oublieront jamais ce bout de chemin qu’ils ont eu la chance de faire à ses côtés. La lumière qui émanait d’elle s’est éteinte nous laissant orphelins de sa chaleur humaine. Toutes nos pensées vont à sa famille plongée dans la douleur
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Marie-Thérèse Garcia, maître de conférences honoraire à l’Université de Toulon
 

Appel à candidatures au renouvellement du tiers sortant du comité de la SHF
 
Conformément aux statuts de la SHF, chaque année le tiers du comité est appelé à renouvellement.
 
Le comité de la SHF tient à souligner l'importance de ce renouvellement qui est une garantie de la représentativité et du fonctionnement démocratique de notre société. Être membre du comité de la SHF, c'est promouvoir l'enseignement et la recherche dans le domaine des langues ibériques, c'est œuvrer à la solidarité de l'hispanisme français et à sa défense, c'est enfin contribuer à une meilleure communication et à une meilleure connaissance entre collègues. Faire acte de candidature au comité de la SHF implique une participation régulière aux réunions et aux travaux du comité ; c'est aussi prendre part aux tâches inhérentes à la vie de la société.
 
Les membres du comité de la SHF, élus en 2018, et dont les noms suivent arrivent au terme de leur mandat :
- Zoraida Carandell (termine son 3e mandat)
- Fernando Copello (termine son 2e mandat)
- Ève Fourmont-Giustiniani (termine son 1er mandat)
- Pascal Gandoulphe (termine son 1er mandat)
- Marion Gautreau (termine son 1er mandat)
- Émilie Guyard (termine son 2e mandat)
- Marion Le Corre-Carrasco (termine son 1er mandat)
- Helena Queirós (termine son 1er mandat en tant que doctorante)
- Hélène Thieulin-Pardo (termine son 2e mandat)
- Cécile Vincent-Cassy (termine son 2e mandat)
 
Les candidats aux élections 2021 sont invités à se faire connaître auprès de la secrétaire générale d’ici le 28 avril 2021 par courrier électronique à l'adresse  
Outre leur université d'appartenance, leur grade et leur domaine de spécialité, il est demandé aux membres faisant acte de candidature de rédiger quelques lignes de présentation (moins de 1200 caractères espaces comprises), indiquant leur motivation pour agir au sein du Comité de la SHF. Le but recherché est de personnaliser davantage ces élections tout en permettant aux votants de mieux connaître les collègues à élire.
 
Il est rappelé que, selon les statuts, « les membres sortants sont rééligibles dans la limite de trois mandats consécutifs » (article 11) ; d'autre part, le règlement intérieur de la société stipule (article 5) que
Le Comité comprend au moins six non-professeurs, un doctorant ou post-doctorant, ainsi que trois membres appartenant à une discipline autre que l'espagnol, dont obligatoirement un lusitaniste et un catalaniste. Lors du renouvellement annuel par tiers du Comité, les bulletins de vote comportent au moins : 1) deux non-professeurs 2) suivant la composition du comité, éventuellement un doctorant ou post-doctorant, un lusitaniste et/ou un spécialiste d'une autre discipline.
Les élections 2021 devront élire un·e membre doctorant·e ou post-doctorant·e.
 
Rappel de la procédure et du calendrier
- Déclaration de candidatures : envoi à jusqu’au 28 avril 2021.
- Affichage de la liste des candidats et des professions de foi sur la page d'accueil du site le 30 avril 2021.
- Le vote aura lieu par voie électronique sur la partie spécialement destinée à cette fonction du site de la SHF entre le 30 avril et le 1er juin 2021.
- Pour pouvoir voter, il faut être à jour de sa cotisation.
- Le dépouillement se fera le 4 juin et les résultats seront proclamés lors de l’Assemblée générale de la SHF, qui aura lieu le 5 juin 2021.
 
Bien cordialement,
La Secrétaire générale, Laurie-Anne Laget

Chers collègues,

une tribune contre la réforme du Master MEEF / CAPES est en cours d'élaboration.

Elle peut être signée en suivant ce lien : https://docs.google.com/document/d/11FtmoQgwY2XOkbxlvvZPB_AE0xSqL95Z6pcOJ0iY0vU/edit?usp=drivesdk

 

Nous apprenons la disparition de Madame Marie Stéphane Bourjac, ancienne Responsable du Département d’Espagnol à l’Université de Toulon.

Nous adressons nos bien sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à ses anciens collègues.

Une note, publiée par l'écrivain Arturo Pérez-Reverte dans la revue Semanal, est disponible à cette adresse : https://www.xlsemanal.com/firmas/20210213/amor-una-noche-arturo-perez-reverte.html#ns_campaign=rrss-inducido&ns_mchannel=xlsemanal&ns_source=wh&ns_linkname=noticia&ns_fee=0 

 


 

Le professeur Albert Belot (1934-2020)
Le parcours d’Albert Belot, décédé le 29 décembre 2020, à l’âge de 86 ans, est, à bien des égards, exemplaire. Il naît le 19 mai 1934 à Saint-Pierre-de-Nogaret, petit village de Lozère, où ses parents sont paysans. L’occitan est sa langue maternelle et il aura plaisir, sa vie durant, à parsemer sa conversation d’expressions du païs. Son application à l’école primaire et au catéchisme incitent sa famille à l'envoyer au séminaire, qu’il abandonne à l’âge de 16 ans, avec une solide connaissance du grec, du latin et, déjà, de l’espagnol. Après le baccalauréat et deux ans de classes préparatoires au lycée Pierre de Fermat, à Toulouse, il rejoint l’université de Toulouse-le-Mirail, où il obtient sa licence d’espagnol en 1956. Pour payer ses études, il doit accepter un poste d’adjoint d’enseignement au lycée de Mirande, puis au lycée Berthelot, à Toulouse, mais, en 1957, il troque ce « statut hybride, à moitié prof, à moitié pion »[1] contre celui plus enviable de professeur certifié. Il a 23 ans. Après une année de formation au CPR de Toulouse, il est nommé au lycée Monteil, à Rodez[2]. C’est dans ce chef-lieu de l’Aveyron qu’il connaît Simone en 1958. Ils se marient deux ans plus tard : elle a 20 ans, Albert, 26. Les jeunes époux rêvent d’exotisme et, après deux ans passés à Narbonne et à Limoux, Albert obtient sa mutation pour le lycée de Fianarantsoa, dans les hautes terres de Madagascar. Cependant, dans les deux villes d’Occitanie susnommées, Albert n’a pas fait qu’enseigner l’espagnol. Par deux fois, il prépare l’agrégation ; par deux fois, il est admissible et, par deux fois, il chute à l’oral. Le voilà tout de même professeur biadmissible à Fianarantsoa, la quatrième ville de Madagascar, puis, en 1964, au lycée Rabéarivelo de Tananarive.
1966 est une année faste pour le couple : Simone donne naissance à une petite fille, Françoise, tandis qu’Albert est reçu à l’agrégation. Ce brillant résultat lui vaut d’être appelé à l’université de Tananarive. Il y enseigne en qualité de professeur agrégé, puis de maître-assistant à partir de 1968. Toutefois, encouragé par son succès à l’agrégation, Albert Belot veut aller encore plus loin et entreprend, dès 1967, la préparation d’une thèse de 3e cycle, qu’il soutient en 1970. Son titre est : Le macabre dans l’œuvre de Valle-Inclán.
1972 : dix ans sont passés depuis l’arrivée dans la Grande Île de l’océan Indien. Albert et Simone décident de revenir en France, à Toulouse, où un poste de maître-assistant est offert à Albert. La recherche continue de le passionner. Il choisit comme sujet de thèse de doctorat d’État L’œuvre théâtrale de Benito Pérez Galdós, un long travail qu’il mène à son terme, sous la direction du professeur André Nougué. Lors de la soutenance, en 1980 à l’université de Toulouse-le-Mirail, il reçoit les félicitations de la présidente du jury, le professeur Nelly Clémessy. Trois ans plus tard, en 1983, il est nommé professeur à l’université de Perpignan. Il y fera tout le reste de sa carrière d’enseignant jusqu’à son départ à la retraite en 1994.
L’intérêt que, dès le début de ses études, il a ressenti pour la langue espagnole, celle que l’on parle dans la rue, au café, avec ses amis, celle qu’on lit dans les journaux, que l’on entend à la radio et à la télévision, la langue qui évolue au fil du temps, devient, à partir de 1980, maintenant que la thèse est soutenue, la passion qui l’animera jusque dans les dernières années de sa vie. Le premier fruit de cette recherche sera, en 1986, le Lexique français-espagnol de la langue actuelle (France-Ibérie Recherche, Toulouse). L’ouvrage fait du bruit dans le microcosme de l’hispanisme français, car il offre à ses utilisateurs l’équivalent de nombreux mots nouveaux ou d’expressions familières pour lesquels les dictionnaires bilingues ne proposent souvent qu’une explicitation du sens. L’autre grand mérite du Lexique est que son auteur fait suivre ces précieuses et précises équivalences d’une citation extraite d’une revue ou d’un journal, où mots et expressions apparaissent en situation.
1986 est aussi une année douloureuse pour Albert Belot. Simone, son épouse, meurt, à l’âge de 46 ans, après avoir lutté pendant plusieurs années contre la maladie. Albert est profondément éprouvé par cette disparition prématurée, cependant la vie continue et le professeur Belot retrouve force et courage dans le métier qu’il a choisi et qu’il adore, et aussi dans ses travaux de recherche. C’est ainsi qu’en 1987 sort des presses des Éditions du Castillet (Perpignan), sous une belle couverture bleue, L’espagnol aujourd’hui. Dans ce livre, sous-titré Aspects de la créativité lexicale en espagnol contemporain, le lecteur trouve « un certain nombre d’observations et de commentaires sur l’état actuel de la langue, qui n’avaient pu être rapportés dans le cadre étroit et contraignant du répertoire bilingue » (introd., p. 8). Les sept chapitres offrent une foule de remarques et de réflexions précieuses pour les hispanisants français, car « toujours menées […] du français à l’espagnol » (p. 109). En fin de volume, un index permet d’ajouter quelques centaines d’équivalences nouvelles au Lexique paru l’année précédente.
Cinq ans passent qu’Albert Belot met à profit pour préparer un nouveau livre dont le titre est un clin d’œil à Georges Pérec : L’espagnol mode d’emploi[3]. Il ne s’agit pourtant pas d’un roman, ni de littérature, bien que l’on y trouve un grand nombre d’extraits de textes littéraires tant espagnols que français. L’objectif de l’auteur et son angle de vue sont, cette fois, quelque peu différents, comme cela est indiqué par le sous-titre : Pratiques linguistiques et traduction. En bref, l’ouvrage consiste en une « mise en parallèle des moyens d’expression mis en œuvre dans les deux langues » (introd., p. 4) et offre au traducteur franco-espagnol ou hispano-français une très riche moisson d’exemples accompagnés de remarques sur le génie et les tendances de chacune de nos deux langues. Ici encore, un index apporte quelques centaines d’équivalences nouvelles, aussi utiles pour l’étudiant que pour le professeur ou le traducteur professionnel.
L’année 1993 marque un tournant dans l’œuvre d’Albert Belot. Cette année-là, en effet, il publie dans l’ouvrage collectif Le parti d’en rire (Marges 10, Université de Perpignan) un article dont le comique cache à peine le propos sérieux : la dénonciation du vocabulaire pseudo-savant, et surtout abscons, utilisé par une certaine critique. Son titre est « Énonciation en fonction conative aux apprenants en instance d’épreuve »[4]. Les derniers mots de la conclusion (« Malgré la drôlerie involontaire [de ce nouveau langage], nous pensons qu’il y a là en définitive un sujet d’inquiétude plus que d’amusement, p. 24 ») annoncent ce qui deviendra désormais l’un des emplois favoris de la plume belotienne, à savoir, la satire des Trissotins, universitaires ou non, et de certains didacticiens.
Publié en 1996 par Ellipses, le Dictionnaire d’usage d’espagnol contemporain. Français-espagnol, reprend l’essentiel du Lexique qui a vu le jour dix ans plus tôt, mais s’enrichit des recherches que, depuis lors, leur auteur a conduites. Inscrit au catalogue de l’une des maisons d’éditions scolaires et universitaires les plus connues, le Dictionnaire d’usage vaut à son concepteur l’honneur suprême de voir son patronyme devenir par métonymie un nom commun. Dans le petit monde de l’hispanisme, on parla, dès lors, du Belot, comme l’on parlait ailleurs du Larousse ou du Robert. Pour accompagner les équivalences, chaque entrée du dictionnaire offre, à l’instar du Lexique, une ou plusieurs citations prises dans la presse et aussi empruntées aux plus grands noms de la littérature espagnole du XXe siècle, d’Ana María Matute à Ramón Sender, de Max Aub à Camilo José Cela. Un passage de la quatrième de couverture renseigne le lecteur sur le contenu du dictionnaire, mais annonce également celui du livre que déjà Albert Belot est en train de préparer : « Plus qu’aux langages spécialisés, l’ouvrage s’intéresse […] à la phraséologie, au prêt-à-porter en quelque sorte de l’espagnol au quotidien dans ses divers registres, y compris le plus familier parfois ».
L’espagnol familier, la langue parlée, celle que l’on pratique de façon plus ou moins créative dans la vie de tous les jours, tel était le champ de recherche d’Albert Belot dans la première édition de l’ABC lexical de l’espagnol familier, publié chez Ellipses une nouvelle fois[5]. « C’est la cata », « s’envoyer en l’air », « Encore un que les Allemands n’auront pas ! », « mener une vie de château », plusieurs milliers d’équivalences d’expressions comme celles-là, toujours dans le sens français-espagnol, composent l’essentiel de ce volume de 128 pages, dont l’avant-propos apporte, une fois encore, une série de remarques sur la langue espagnole actuelle et souligne, exemples à l’appui, l’insuffisance des dictionnaires bilingues alors sur le marché. Traduire « se mettre le doigt dans l’œil », « être tranquille comme Baptiste », « avoir du chien » ou « humeur massacrante » respectivement par « equivocarse », « quedarse tan tranquilo », « tener atractivo » et « humor insoportable » signifie, explique l’auteur, un affadissement de ces expressions et donc une déperdition de sens. En revanche, « equivocarse de medio a medio », « más tranquilo que un ocho », « tener salero » et « humor de perros » constituent des équivalences satisfaisantes en espagnol. Quatorze fiches thématiques, occupant chacune une page (« Avoir ou se faire avoir », « La grande légèreté de l’Être », « Faire, le verbe à tout faire », « La modulation », etc.), apportent au traducteur, sous une forme simple et claire, des repères extrêmement utiles.
Après l’ABC lexical, dix ans passent sans qu’Albert Belot ne cesse de poursuivre sa navigation à travers l’océan infini des mots. Deux importants articles, publiés dans Les Langues néo-latines, témoignent de l’attention qu’il continue de porter à la recherche des équivalences entre le français et l’espagnol[6]. Faits dans un esprit constructif, ces travaux constituaient et constituent toujours les appendices indispensables de deux éditions du dictionnaire bilingue le plus utilisé par les étudiants et les enseignants. Dans la même revue, il publie aussi, entre 2005 et 2012, une série de chroniques sur la langue espagnole et sur la traduction, non sans brandir quelquefois son épée, son humour, pour continuer de pourfendre les dérives et déraisons d’une certaine critique et ce pour le plus grand plaisir des lecteurs.
C’est, une fois encore, le désir de dresser un « état des lieux de l’espagnol d’aujourd’hui, aux confins de la tradition et de la modernité » (avant-propos, p. 9), et de le faire dans la bonne humeur, qui pousse Albert Belot à reprendre la plume pour nous offrir en 2008 un nouveau livre : L’espagnol… Parlons-en. Chroniques d’un enseignant, publié, hélas ! ou tant mieux, à compte d’auteur. Hélas ! car sa diffusion n’a pas été celle dont ont bénéficié ses trois précédents ouvrages. Tant mieux, car l’auteur a pu y dire, en toute liberté et irrévérence, sa pensée de lexicographe et aussi nous livrer quelques souvenirs de sa vie d’enseignant, plus drôles et savoureux les uns que les autres. Dès le premier paragraphe de l’avant-propos, le ton est lancé : « Je demande au lecteur la plus grande indulgence au sujet d’un titre aussi banal et explicite. Alors qu’il en était d’autres, autrement aptes à séduire un public averti, tels que Contextualisations verbales des unités fonctionnelles dans le transcodage interlocutif franco-espagnol ». L’ouvrage est divisé en vingt-neuf chapitres d’inégale longueur. Plus de la moitié, seize exactement, sont consacrés à l’observation de la langue d’aujourd’hui et aux conclusions que l’on peut en tirer. Le verbe, le pronom, l’adjectif, le tutoiement, l’éternel ‘On’, les mots espagnols du français, etc., présentés sous des titres autrement attractifs : « Abondance de pronoms ne nuit pas », « Llámame de tú », « Les invasions barbares », « La peur du gallicisme », etc., font ici l’objet d’une étude originale et illustrée de nombreux exemples. Quatre chapitres concernent la traduction. Il n’est pas possible d’en décrire ici toute la richesse. Arrêtons-nous seulement un instant sur le plus long d’entre eux, « L’espace interstitiel de la traduction » (chap. XII)[7], où, après avoir rappelé la phrase de José Ortega y Gasset : « Traducir es un afán utópico » (p. 65), Albert Belot nous livre une série de remarques comme celle-ci : « Traduire, c’est transmettre de l’information, mais lorsque la langue joue avec les mots, leur sonorité, leur volume, leurs assonances et accointances, le traducteur doit entrer dans ce jeu en usant des ressources de sa propre langue. Plus que de transmettre du sens, il s’agit ici de transmettre des sensations » (p. 69). Il prend ensuite comme exemple « Estar piripi » que les dictionnaires bilingues, « soucieux de transcrire le dénoté plus que le connoté », traduisent par « être gai », « être éméché », alors que « l’exacte réplique de piripi, écrit Belot, terme guilleret et atypique, [serait] plutôt un mot comme “ pompette ”, vaguement comique, dont la consonance diminutive se double d’une allitération comme dans le mot espagnol ».
Dans cinq chapitres, enfin, Albert Belot nous parle de lui-même, de son expérience d’enseignant, d’abord au collège et au lycée, puis à l’université. « Je crains que vous n’alliez au-devant de beaucoup de déceptions dans votre métier », lui dit l’inspecteur général Bergès, à la fin de l’épreuve pratique du Capes. Le récit de sa prestation, ce jour-là, de professeur stagiaire de vingt-quatre ans est une page d’anthologie, à la fois touchante et drôle, comme le sont aussi ses souvenirs d’enseignant au lycée de Fianarantsoa. De même, ses débuts à l’Université de Toulouse-le Mirail dans une ambiance post-soixante-huitarde donnent lieu à cinq pages dignes des meilleurs écrivains humoristes.
Dans le dernier chapitre, curieusement intitulé « Vive(nt) les étudiants », le professeur Albert Belot rend un hommage plein d’émotion à quelques-uns des étudiants qui l’ont le plus marqué et souligne la qualité des mémoires de maîtrise et de DEA de ces filles et de ces garçons qui, « au fil des ans, l’ont aidé, à leur insu, de leur présence, de leurs réflexions et de leurs travaux » (p. 181).
En 2010 enfin, vingt-quatre ans après le Lexique français-espagnol de la langue actuelle, il publie un nouveau dictionnaire, en collaboration avec Stéphane Oury, son ancien « thésard » : le Dictionnaire de traduction français-espagnol (Armand Colin), un fort volume de presque 500 pages, où les traductions proposées sont suivies, ici encore, d’une phrase tirée d’un journal, une revue ou une œuvre littéraire.
L’amateur de mots que fut Albert Belot se doubla tout naturellement d’un amateur de bons mots. Il en donna la preuve dans deux livres. Le premier, intitulé Mots de tête (Toulouse, Cepadues, 1978), écrit en collaboration avec Henri Bennassar et superbement illustré par Claude Chauvin, faisait apparaître, à travers quelque mille définitions, les insoupçonnables virtualités de mots tels que : « Absents » (« Les absents ont toujours tort, sauf en cas d’épidémie »), « Académie » (« Désigne un corps de vieux messieurs très habillés ou celui d’une jeune personne qui l’est beaucoup moins »), « Savon » (« Est le propre de l’homme »). Ce livre est numérisé : http://excerpts.numilog.com/books/9782854280296.pdf.
Pendant plus de trente ans après la parution de Mots de tête, Albert Belot poursuivit cette traque des mots, de leur face cachée, et publia, en 2007, seul cette fois, mais encore avec la collaboration d’un Claude Chauvin au sommet de son art, Le Petit Dérisionnaire illustré (Toulouse, Éd. de L’Ormeau), un livre de grand format, dont l’avant-propos annonçait sans détours le contenu : « Le Petit Dérisionnaire est plein de mauvais desseins et de joyeux croquis. Il affectionne les scènes de groupes et de croupes. Il est paillard, gaulois, poivre et celte en somme ». Après ce bel ouvrage hélas ! introuvable, semble-t-il, et pas numérisé, « le secret des mots » continua de fasciner Albert Belot. Il s’attacha alors à rechercher dans « les replis de l’anagramme » l’étonnant lien sémantique qui unit un grand nombre d’entre eux. Dans ce nouveau livre (le dixième et dernier !), intitulé La Valse des anagrammes (Paris, Promolettres, 2013), il propose au lecteur, à travers quelque 7.000 anagrammes, des « vérités d’évidence », telles que : « La guérison dépend du soigneur » ; « Le Parisien a bien besoin d’aspirine avec tout le trafic qu’il se farcit » ; « Les chiens aboient, mais la caravane avancera ». L’extraordinaire richesse et la variété lexicales des 160 pages de La valse des anagrammes en a fait un ouvrage de référence pour les joueurs de scrabble, jeu dans lequel Albert Belot excellait.
La simplicité, la modestie, la courtoisie dont faisait preuve Albert Belot dans ses rapports avec ses collègues était à l’aune de son talent de chercheur et d’auteur. Usant volontiers de la dérision à son propre endroit, il gagnait la sympathie unanime par sa discrétion et son humour. Il ne fut jamais ambitieux, il ne rechercha jamais le pouvoir, mais s’appliqua simplement à bien faire son métier de professeur. La rigueur qui présidait à la conception, l’élaboration et l’écriture de chacun de ses ouvrages, chacun de ses articles, fut aussi celle dont lui surent gré les générations d’étudiants malgaches, toulousains et perpignanais qui bénéficièrent de son enseignement ou dont il dirigea les recherches. Le professeur Belot aimait enseigner, il aimait les étudiants, ceux-ci le lui rendaient bien et reconnaissaient en lui un maître à la fois exigeant et bienveillant. Il nous laisse son œuvre et le souvenir d’une grande intelligence, de son humour souriant, impitoyable parfois, de son talent à faire dialoguer à la perfection le français et l’espagnol.
Jacques Issorel
Ce texte d'hommage est à paraître dans Les Langues néo-latines
[1] Albert Belot, Les chemins de traverse, 2008 (inédit), p. 86.
[2] « Au lycée Monteil, je vendais de l’espagnol à de petits paysans aveyronnais qui comprenaient presque tout. Je me souviens de la réaction d’un gamin quand j’ai dit que le mur se disait “ la pared ”. Comme en patois ! Il était tout heureux, il découvrait la grande solidarité des langues méridionales, il se retournait vers les autres en criant : “ lo paret ! “ », ibid., p. 107.
[3] Perpignan, Éditions du Castillet, 1992 ; deuxième édition : Paris, Ellipses, 1997.
[4] L’auteur fournit en note la « traduction » de ce titre : « Conseils aux étudiants qui vont passer leurs examens ».
[5] Deuxième édition en 2003.
[6] « D’un dictionnaire l’autre », n° 328, mars 2004 et, en collaboration avec Stéphane Oury, « Le Larousse nouveau est arrivé », n° 344, mars 2008. Déjà en 1994, on avait pu lire dans la même revue « Notes et contre-notes pour un grand dictionnaire » (n° 289).
[7] D’abord publié dans Les Langues néo-latines, n° 342, sept. 2007.
 

 
Hommage à Simone Saillard
Avec Simone Saillard, professeur émérite, c'est une grande figure de l'Hispanisme français et de l'université Lumière-Lyon 2 qui disparaît le 30 décembre 2020. Dotée de qualités intellectuelles exceptionnelles et d'une capacité de travail peu commune, elle a su mener de front, avec brio, les diverses missions dévolues à l'enseignant-chercheur.
Enseignante inégalée qui a durablement marqué de nombreuses générations d’hispanistes, elle a toujours eu à cœur de participer activement à la modernisation et à l'amélioration du système universitaire tout au long de sa carrière, n'hésitant jamais à assumer les responsabilités administratives les plus ardues, toujours motivée par le souci du bien commun et avec une vision internationale affirmée.
Il ne saurait être question ici de présenter le riche itinéraire de Simone Saillard mais de rappeler les principales étapes qui jalonnent sa carrière. A partir de ses origines en pays albigeois, de sa jeunesse dans les années noires qui la vaccinent contre l’injustice, elle entreprend un parcours de formation qui la conduit du Sud-Ouest à l’Ecole Normale Supérieure de Saint Cloud puis, après l’obtention de l’agrégation, à Vigo, où elle entreprend ses recherches sur Valle-Inclán.
Son retour à Paris ouvre alors la voie à une carrière universitaire prestigieuse soudain fixée à Lyon en 1963, pour développer la section d’Espagnol à la Faculté des Lettres. Au sein de l’institution, son parcours empruntera les voies multiples qui s’offrent à un esprit ouvert et à un regard critique. En 1969, elle est l’un des acteurs de la fondation de l’université Lyon 2. Elue Directrice du nouveau Département du Monde méditerranéen, elle accueille le Congrès des Hispanistes et participe aux jurys d’agrégation. C’est au cours de ces années que s’affirme son engagement citoyen. Elle apportera un soutien constant au développement du portugais et des enseignements de brésilien (création de l’Institut d’Etudes brésiliennes, accords internationaux), elle participera à la restauration de l’italien dans le nouveau Lyon 2 et à la sauvegarde de l’hébreu et elle s’attachera à promouvoir le catalan. Dans le cadre d’une vision à long terme et à partir de son poste de Vice-Présidente de l’université au milieu des années 80, elle s’engage dans des accords qui unissent Lyon 2 à de nombreuses universités étrangères : São Paulo, Saragosse et surtout Barcelone lorsqu’elle implique personnellement la Generalitat et que les accords culminent avec le programme international MINERVE (Mobilité des institutions d'enseignement et de recherche en vue d'un espace éducatif européen) qui associe Lyon 2 à l’université de Barcelone et à celle de Francfort dans un projet inédit en France, avec la création d’une antenne permanente de ces universités au Bâtiment Europe, situé sur le campus de Bron-Parilly. Ce rôle d’impulsion a été déterminant et les autorités espagnoles lui ont témoigné leur gratitude en lui décernant la Croix d’Isabel la Cátolica en 1997. Elle est également à l’origine de la création du Centre de Langues en 1994 dont elle sera la première directrice.
Par son esprit visionnaire et sa capacité à s’investir pour ouvrir de nouvelles voies, elle offre l’image la plus complète de l’universitaire : être disponible et ouverte à tous et à chacun, se donner pleinement à la formation des étudiants, stimuler l’enthousiasme du chercheur, mettre son dynamisme, son exigence et sa force de proposition au service de l’université et de la collectivité en général.
Toutes ces expériences l’ancrent dans son rôle d’enseignant-chercheur, associant l’enseignement à une réflexion approfondie, notamment par sa collaboration à la version scénique inédite de Así que pasen cinco años de Federico García Lorca (montée par le théâtre universitaire en 1975), lors du Colloque Lorca/Dalí/Buñuel et la place incontournable du surréalisme en Espagne (1988) ou lors du Congrès de la SHF sur le thème de Image/Imagen (1991) ou du Colloque sur Zola et l’Espagne (1996) ou encore du Colloque sur les Ecrivains latino-américains actuels avec la présence de Jorge Amado. Son esprit d’ouverture peu commun, l’acuité de ses analyses, la fulgurance de ses études critiques lui permettent de passer avec une rare maestria du Cid à la poésie moderne, de Valle-Inclán aux auteurs américains, du théâtre du Siècle d’Or à Antonio Machado, de l’étude du texte à l’intersémiotique, sans oublier la virtuosité de sa maîtrise de La Regenta et de l’ensemble de l’œuvre de Clarín. C’est cette incessante curiosité intellectuelle qui l’a poussée à enrichir l’histoire culturelle par sa réflexion et ses recherches sur la place de la traduction parmi les autres procédures de transfert interculturel, lui permettant de dégager des pistes stimulantes sur les traducteurs en tant que médiateurs culturels et la traduction en tant qu’exercice d’écriture, sur les espaces de production et de réception, notamment sur la diffusion de la littérature médicale en France et en Espagne. C’est grâce à son impulsion – et nous pouvons en témoigner directement – que des enquêtes pionnières ont été menées sur le champ fertile des traductions et des traducteurs au XIXè siècle, entre autres sur les traductions en espagnol de l’œuvre de Zola.
Pour tous ceux qui l'ont côtoyée, Simone Saillard est une personnalité particulièrement attachante par son mélange de force et de sensibilité, de volontarisme et d’affection, d’intelligence et d’action. Elle demeure non seulement une grande universitaire et une grande dame mais aussi le symbole d'un engagement politique constant au service d'une société plus juste et plus humaine, et de l'engagement d'une femme au service des autres femmes, ce qu'elle considérait comme un combat devant être sans cesse renouvelé.
Aujourd'hui, ses anciens étudiants, ses amis et ses collègues, désemparés par la disparition d'un phare, se retrouvent pour lui témoigner leur admiration et leur reconnaissance pour la solide formation qu'elle leur a donnée et l'aide qu'elle leur a toujours fidèlement apportée avec fermeté et bienveillance. Nous continuerons à porter ses valeurs en héritage en les transmettant aussi longtemps que possible.
Principales œuvres de Simone Saillard
- « Le premier conte et le premier roman de Valle-Inclán », Bordeaux, Bulletin hispanique, t. LVIII, n°4, 1955, p. 421-429.
- « De d’Anunzio à Valle-Inclán », Connaissance de Valle-Inclán, Cahiers de la Compagnie Madeleine Renaud-Jean Louis Barrault, n°43, mars 1963, Paris, Julliard, p. 36-44
- « Le dossier universitaire de Clarín Saragosse : documents pour une biographie », Les Langues néo-latines, mars 1963, n° 164.
- « Carta de Arnalte a Lucenda, El Villano en su rincón, Auroras de Moguer, Así que pasen conco años, textes », Introduction à l’étude critique-Textes espagnols, Simone Saillard, Charles Marcilly, André Labertit, Edmond Cros, Paris, Armand Colin, U2, 1972, p.8-74.
- « Louvain, Salamanque, Lyon, Rome –Itinéraire européen d’une controverse, à propos de Sainte Thérèse », Les Catholiques libéraux au XIX siècle, Actes du Congrès d’Histoire religieuse de Grenoble, PUG, 1974, Centre d’Histoire du Catholicisme, n°11, p. 11 3-123.
-Leopoldo Alas collaborateur du journal El Día. Du journalisme au roman, Thèse pour le Doctorat d’Etat, Université Toulouse Le Mirail, 1975, Tome I Du Journalisme au roman, 898 pages ; Tome II Leopoldo Alas collaborateur de El Día, textes p. I-XX et 1-591 ; Tome III Tableau chronologique des publications journalistiques 1881-1884, p.1-129.
- « Pour une nouvelle traduction de Así que pasen cinco años », Organon, n°spécial, CERTC, Lyon 2, 1978, p. 94-124.
- « Lorca, du théâtre de farce au théâtre impossible », Organon, n°spécial, CERTC, Lyon 2, 1978, p.26-34.
- « Chronologie du théâtre de Lorca », Organon, n°spécial, CERTC, Lyon 2, 1978, p.5-19.
- « Pour une histoire de la traduction moderne. A Propos de Travail-Trabajo, Zola-Clarín, 1901 », La traduction, Actes du XXIII Congrès de la SHF, Caen, 1987, PUC, p.35-57.
- « Perlimplín ou le Cocu prodigieux », Hispanística XX, Dijon, 1987, p.19-27
- « La peritonitis de don Víctor y la fiebre histérica de Ana O… », Realismo y naturalismo en España, éd. Yvan Lissorgues, Barcelona, Anthropos, 1988, p. 315-327
- « Renan en Fuentevaqueros o La Vie de Jésus según Federico García Lorca », Lectures actuelles de Federico García Lorca, Madrid, Casa de Velázquez, 1988, p. 65-91.
- « Le Public dans l’oeuvre de Lorca », Le Public, drame en 5 actes et un interlude, texte français de A. Llamas, Théâtre national de la Colline, Actes Sud Papiers, Paris, 1988, p. 13-21.
- « Ana Ozores, de la mystique à l’hystérie », Leopoldo ALas, Clarín. La Regenta, Co-texte, n°18, CERS, Université Paul Valéry, Montpellier, 1989, III, p. 65-131.
- Un figurón político en La Regenta, el misterioso obispo de Nauplia », Actas del X Congreso de la SIH, Barcelona, PPU, 1992, II, p.1459-1473.
- « Lepoldo Ala, Clarín et la préface de Nana », Textures, Cahiers du CEMIA, n°1, Lyon, 1995, p.57-75.
- « La première traduction espagnole de Nana », Les Cahiers naturalistes, n°70, 1996, p. 95-114.
- « Les textes traduits de Zola. Bilan et perspectives de recherche », Zola y España, Actas del Coloquio international de Lyon, septiembre de 1996, éd. S. Saillard & A. Sotelo Vásquez., Barcelona, PUB, p. 99-115.
- « Daudet en España », Actes du Colloque Permanence de Daudet, éd. Colette. Becker, CRITM, Paris X, 1997, p. 265-285.
- « Idealismo, krausismo, positivismo en los traductores españoles de Zola », Pensamiento y literatura en la España del siglo XIX, Homenaje a Yvann Lissorgues, eds. Gonzalo Sobejano e Yvan Lissorgues, Toulouse, PUM, 1998, p. 157-167.
- « Strangulations, égorgements, asphyxie et autres signes amoureux », Le Théâtre de l’impossible de Lorca, El Público, Así que pasen cinco años, coord. M. Ramond, Paris, Ed. du Temps, 1998, p. 203-223.
- « Así que pasen cinco años ou l’avant-Público », Michèle Ramond, Simone Saillard, Le théâtre impossible de Lorca, Paris, Éd. Messène, 1998, p.7-75.
- « El Público, Así que pasen cinco años, un viaje de ida y vuelta », Le Théâtre de l’impossible, Dijon, Hispanística XX, 1999, p.103-117.
- « La primera edición española de Germinal », Prosa y poesía. Homenaje a Gonzalo Sobejano, éd. Jean-François Botrel, Yvan Lissorgues, Christopher Maurer, Leonardo Romero Tobar, Madrid, Gredos, 2001, p. 331-348.
- « La première édition espagnole de Germinal », Les Cahiers naturalistes, n°75, Paris, 2001, p.217-242. [Version augmentée du texte antérieur en espagnol]
- Leopoldo Alas, Clarín, El hambre en Andalucía, edición crítica, estudio preliminar y notas de Simone Saillard, Toulouse, PUM, 2001, p.1-275, Estudio preliminar, 1-140, ilust.I-XV.
- « Leopoldo Alas 1882-1884, el tiempo de La Regenta », Leopoldo Alas catedrático de Zaragoza, ed. Leonardo Romero Tobar, Zaragoza, PUZ, 2002, p.121-143.
- « La littérature médicale dans l’Espagne du XIXe siècle », Les maux du corps, éd. Solange Hibbs, Jacques Ballesté, Toulouse CRIC 21, Lansman, Carnières-Morlanwels, 2002, p.59-80.
- « Clarín y Europa », Clarín cien años después. Un clásico contemporáneo, comisarios: Enrique Camacho, Yvan Lissorgues, Arturo Gamoneda, Mardrid, Instituto Cervantes, 2002, p.227-236.
- « Leopolodo Alas, katheder socialista desde Ihering hasta Trabajo, pasando por Teresa », Leopolodo Alas un clásico contemporáneo 1901-2001, Oviedo, Universidad, 2002, t.II, p.555-575.
- « El (primer) día del Marqués de Riscal (1858-1859) », Prensa, impresos, lectura en el mundo hispánico, Homenaje a Jean-François Botrel, éd. J-M Desvois, Université Michel de Montaigne-Bordeaux3, 2005, p.347-362.
- « La traducción como instrumento de lobbying político : textos traducidos del Marqués de Riscal en la Revue des Deux-Mondes (1876-1880) », Traducción y traductores, del romanticismo al realismo, eds. F. Lafarga, L. Pegenaute, Berna, Peter Lang, 2006, p.419-433.
- « Traductions-adaptations contemporaines de L’Assommoir de Zola pour le théâtre madrilène et barcelonais », Traduction, adaptation,réécriture dans le monde hispanique contemporain, XXXII° Congrès de la SHF, Toulouse, éd. S.Hibbs, M.Martinez, PUM, 2006,p.427-441.
- « Traduction et réception de La Terre en Espagne (1887-1894) », Les Cahiers naturalistes, n°80, 2006, p.215-236.
-« La biblioteca francesa del Marqués de Riscal », La cultura del otro: español en Francia, francés en España, Actas del Primer Encuentro Hispano-francés de investigadores SHF-APFUE, Sevilla, 29 de noviembre-2 de diciembre de 2005, http://www.culturadelotro.us.es, février 2007, p.251-261.
- « Leopoldo Alas Clarín », Diccionario histórico de la traducción en España, Universidad de Barcelona, Madrid, Gredos, 2008.
- « Ante todo y ante todos, Camilo Hurtado de Amenaza, Marqués de Riscal», Herederos del Marqués de Riscal ed., 2008
- « Leopoldo Alas traducteur », Hommage à Jacques Poulet, Hors-Série Textures, Lyon, 2011, p.107-116.
- Camilo Hurtado de Amenaza, Marqués de Riscal, un aristócrata entre Europa y Álava, biographie [inédit inachevé]
- « Advenimiento de la homeopatía en España : un hablar científico entre predicación y oratoria », Los discursos de la ciencia y de la literatura en España (1875-1906), eds. S. Hibbs y C. Fillière, Vigo, Editorial Academia del Hispanismo, 2015, pp.171-184.
Setty Alaoui Moretti, Doyenne de la Faculté des Langues de l’Université Lyon 2
Joseph Tchalian, ancien Vice-Président de l’Université Lyon 2
Solange Hibbs-Lissorgues, Professeure émérite d’Etudes hispaniques dix-neuvièmiste et fondatrice du Centre de Traduction, Interprétation et Médiation linguistique (CeTIM) de l’Université Jean Jaurès Toulouse 2
Yvan Lissorgues Professeur émérite de Littérature Espagnole de l’Université Jean Jaurès Toulouse 2 et romancier
 

La SHF vous invite à une Projection / Table ronde intitulée 
Des hispanistes en voyage, vers une archive audiovisuelle de l’hispanisme 
le samedi 30 janvier 2021 à partir de 14h via Zoom :
 
Presentation projection SHF 30 janvier 21
 
 

Nous apprenons le décès, survenu le 27 octobre 2020, de Monsieur Jean-Philippe Luis, Professeur à l'Université Clermont Auvergne, où il était directeur de la Maison des Sciences de l'Homme depuis 2014.

Un texte d'hommage a été publié sur le site de l'Université Clermont Auvergne.


 

A Cátedra de Estudos Ibéricos da Universidade de Évora começa o ano de 2021 com a proposta de um ciclo de conferências online, intitulado POLIBÉRICOS, que reúne alguns dos mais prestigiados especialistas internacionais na área dos Estudos Ibéricos.Académicos oriundos de instituições de 5 países (Alemanha, Espanha, EUA, Inglaterra e Portugal) integram o programa deste ciclo, com o qual a Cátedra de Estudos Ibéricos propõe uma abordagem plural à realidade cultural ibérica, com privilégio para as diferentes literaturas peninsulares.
As conferências são abertas ao público e os links de acesso às sessões serão divulgados com antecedência.
Programa
Joan Ramon Resina (U. Stanford): Sueño y realidad de los Estudios Ibéricos (21 janeiro)
Xosé Manoel Núnez Seixas (U. Santiago de Compostela): Os proxectos iberistas do galeguismo e do catalanismo: Utopias e realidades (18 fevereiro)
Brad Epps (U. Cambridge): Espectros (inter)nacionales: el cine a mediados del siglo XX en la península ibérica (18 março)
Jon Kortazar (U. Pais Vasco): Perspectiva ibérica de los poetas vascos de la época republicana (22 abril)
Fernando Cabo (U. Santiago de Compostela): Rosalía de Castro, desde más allá del neoiberismo (18 maio)
Teresa Pinheiro (Technische Universitat Chemnitz): Memória e desmemória no espaço urbano das capitais ibéricas (17 junho)
Julio Neira (Universidad Nacional de Educación a Distancia): Hacia un nuevo canon de las poetas del 27 (30 setembro)
Victor Martinez-Gil (U. Autonoma de Barcelona): Teixeira de Pascoaes, un referente poético portugués para la literatura catalana (21 outubro)
Carlos Reis (U. Coimbra): Figuras e figurações realistas em contexto ibérico (18 novembro)
 

Agenda

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Appels à communication

Journée d'Etudes "Manifestations et expressions de la violence en Amérique Latine (XX-XXIe)" - 29/04/2021
Genre et Féminismes dans les Amériques latines [GeFemLat] - 07/06/2021
Appel à dossiers, contributions CCEC - 12/10/2021
Echanges, représentations et résistances dans le monde Afro hispano-américain - 02/06/2021
Journée d'études "Voix silenciées, voix marginalisées : existence, dissidence et expressions des marges en Amérique Latine et en Espagne." - 05/05/2021
COLOQUIO INTERNACIONAL : VIOLENCIA DE ESTADO EN EL PERÚ. DEL CONFLICTO ARMADO INTERNO (1980-2000) A LA "GENERACIÓN DEL BICENTENARIO" - 30/06/2021
Faire mémoire : pratiques et poétiques de l’événement (Espagne, France, Italie – XVe-XVIIe siècles) - 10/05/2021
Appel à contribution - revue HispanismeS - 11/07/2021
Appel à contribution pour la Revista de Estudos Literários du Centre de Littérature Portugaise de l’Université de Coimbra - 31/07/2021
Colloque international « Construction et dissolution de la communauté. Pratiques, représentations et théories ». 9-12 Novembre 2021 (en distanciel) - 11/05/2021
“ESCRITURAS Y POLÍTICAS DE LA MIRADA EN LA LITERATURA CHILENA E HISPANOAMERICANA” - 12/07/2021
Appel à direction Revue Textes et Contextes 17.2 - 15/05/2021
CFP COLLOQUE POÉSIQUE 2021 – LA MUSIQUE DES SPHÈRES Université Grenoble Alpes, 2-3 décembre 2021 - 15/07/2021
Colloque International « Epistolâtries : mutations contemporaines et nouvelles approches d'étude de la lettre » - 15/06/2021
Empreintes d’ailleurs dans le monde hispanique contemporain (Colloque Hispanística XX 18-19 novembre 2021) - 15/05/2021
Improntas foráneas en el mundo hispánico contemporáneo (Coloquio Hispanística XX 18-19 de noviembre de 2021) - 15/05/2021
Colloque international Tourisme, arts et territoires - 08/10/2021
Cozinhando imagens, tejiendo feminismos. Latin American Feminist Film and Visual Art Collectives - 20/04/2021
Années 1920 : espaces ibériques et visions transatlantiques - 30/04/2021
IV Congrès Réseau International ALEC "Les Aînés dans le Monde au XXI° siècle. Vivre ensemble" - 07/05/2021

Congrés, colloques et journées d'étude

15/03/2021 - Journée d'Etudes "Manifestations et expressions de la violence en Amérique Latine (XX-XXIe)"
08/04/2021 - Genre et Féminismes dans les Amériques latines [GeFemLat]
09/04/2021 - Appel à dossiers, contributions CCEC
09/04/2021 - Echanges, représentations et résistances dans le monde Afro hispano-américain
09/04/2021 - Journée d'études "Voix silenciées, voix marginalisées : existence, dissidence et expressions des marges en Amérique Latine et en Espagne."
10/04/2021 - COLOQUIO INTERNACIONAL : VIOLENCIA DE ESTADO EN EL PERÚ. DEL CONFLICTO ARMADO INTERNO (1980-2000) A LA "GENERACIÓN DEL BICENTENARIO"
10/04/2021 - Faire mémoire : pratiques et poétiques de l’événement (Espagne, France, Italie – XVe-XVIIe siècles)
11/04/2021 - Appel à contribution - revue HispanismeS
11/04/2021 - Appel à contribution pour la Revista de Estudos Literários du Centre de Littérature Portugaise de l’Université de Coimbra
11/04/2021 - Colloque international « Construction et dissolution de la communauté. Pratiques, représentations et théories ». 9-12 Novembre 2021 (en distanciel)
12/04/2021 - “ESCRITURAS Y POLÍTICAS DE LA MIRADA EN LA LITERATURA CHILENA E HISPANOAMERICANA”
15/04/2021 - Appel à direction Revue Textes et Contextes 17.2
15/04/2021 - CFP COLLOQUE POÉSIQUE 2021 – LA MUSIQUE DES SPHÈRES Université Grenoble Alpes, 2-3 décembre 2021
15/04/2021 - Colloque International « Epistolâtries : mutations contemporaines et nouvelles approches d'étude de la lettre »
15/04/2021 - Empreintes d’ailleurs dans le monde hispanique contemporain (Colloque Hispanística XX 18-19 novembre 2021)
15/04/2021 - Improntas foráneas en el mundo hispánico contemporáneo (Coloquio Hispanística XX 18-19 de noviembre de 2021)
17/04/2021 - Colloque international Tourisme, arts et territoires
19/04/2021 - Cozinhando imagens, tejiendo feminismos. Latin American Feminist Film and Visual Art Collectives
30/04/2021 - Années 1920 : espaces ibériques et visions transatlantiques
05/05/2021 - IV Congrès Réseau International ALEC "Les Aînés dans le Monde au XXI° siècle. Vivre ensemble"

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