
Épidémies et pandémies dans l’Espagne et l’Amérique Latine du XVIIIᵉ siècle au XXIᵉ siècle
Journée d’études
Épidémies et pandémies dans l’Espagne et l’Amérique Latine du XVIIIᵉ siècle au XXIᵉ siècle
Paris, 16 octobre 2026 (mode hybride)
Organisateurs : Nicolas DE RIBAS, Marie-Hélène GARCIA, Université d’Artois, EA 4028, Textes et cultures, équipe interne Études transculturelles, et Romain LEFEBVRE, BNF.
Notre Journée d’études s’articulera autour de plusieurs problématiques visant à répertorier les maladies infectieuses face auxquelles les sociétés et leur gouvernement agissent et réagissent dans des situations épidémiques voire pandémiques. Nous différencierons bien sûr les territoires espagnol et latino-américain tout en rappelant que les attitudes vitales et les réflexes humains sont très souvent similaires en temps de crise sanitaire et de vulnérabilité. Partout, dans des contextes de faible immunité ou non, la société civile doit s’adapter pour combattre les germes, les bactéries et les virus grâce aux cordons sanitaires ou aux « mesures barrières » qui entrent frontalement en conflit avec les intérêts économiques et sociaux.
Cet appel à communications propose quelques axes d’études, non exhaustifs, dans lesquels pourront s’insérer les propositions de communication.
À travers plusieurs études qui mêleront histoire des sciences, socio-histoire, sciences politiques et économie, nous rappellerons que du XVIIIᵉ au XXIᵉ siècle, l’Amérique latine et l’Espagne ont connu de nombreuses épidémies qui ont profondément marqué son histoire. Il est vrai qu’au Siècle des Lumières, les maladies introduites lors de la colonisation, la rougeole, comme la variole considérée comme l’un des fléaux de l’humanité, continuent de provoquer de très fortes mortalités, en particulier parmi les populations autochtones. À partir de la géographie physique des régions chaudes et humides des Amériques, les études cliniques autour de la fièvre jaune et du paludisme, qui sont encore très répandus au XVIIIᵉ siècle, pourront être proposées à travers le prisme social et biologique. Des études du typhus, qui apparaît aussi et surtout dans les villes où les conditions d’hygiène sont mauvaises et où la population est dense, seront alors à mettre en rapport avec les territoires américains. A la lueur de données quantitatives sur les fièvres typhoïdes ou aussi sur les dysenteries accentuées dans les zones humides, notre rencontre se devra alors de projeter la pluralité des perspectives autour des différents enjeux de santé publique dont l’objectif d’antan était de contrer la forte baisse de la population, la désorganisation de la société coloniale et le manque de soins médicaux efficaces. C’est pourquoi certaines communications se focaliseront sur les autorités ultramarines qui sont d’ailleurs contraintes de moderniser le système hospitalier et l’accueil des malades.
Au XIXᵉ siècle, l’Amérique latine et l’Espagne sont régulièrement marquées par de nombreuses maladies et pandémies, en tant que version « mondialisée » des épidémies, qui accompagnent les transformations politiques, sociales et économiques de la région. Nous pourrons évoquer à nouveau les grandes épidémies de fièvre jaune qui frappent régulièrement les ports et les villes côtières, notamment à cause des échanges commerciaux intensifiés, favorisant la propagation du moustique vecteur. Le choléra, introduit lors des sept grandes vagues pandémiques mondiales à partir des années 1830, provoque également des crises sanitaires majeures dans plusieurs pays latino-américains, en particulier dans les zones urbaines où les conditions d’hygiène sont précaires Il est également la cause de surmortalité accrue en Espagne à travers quatre vagues successives qui vont provoquer une récession économique majeure et vont me permettre également de repenser la santé et l’hygiène en Espagne. On peut faire référence à Jaime Ferran y Clúa, instigateur de certains vaccins afin de combattre la maladie, qui provoqua un tel phénomène d’inquiétude parmi la population qu’il générera des mutineries populaire set une certaine instabilité sociale.
L’analyse de la circulation des eaux usées et de l’alimentation en eau potable sera bienvenue tout comme le comportement des gouvernements qui, déjà à l’époque, passaient sous silence l’existence des premiers cas d’une maladie, pour ne pas provoquer de désordre public ou d’exodes massifs. Une étude sérielle de la variole, qui permettra de renouveler l’histoire de la médecine, pourra aussi être proposée à travers les premières campagnes de vaccination « unique » qui n’induisait pas de protection au long cours mais qui faisait reculer la mortalité infantile. On assiste alors à un changement majeur : pour de nombreuses maladies infectieuses, de la variole à la peste en passant par le choléra, les savants réussissent à repérer le germe associé qu’ils isolent avant de le mettre en culture pour créer les premières inoculations. Par ailleurs, une nouvelle approche de l’étiologie des maladies endémiques comme le paludisme et la tuberculose, qui restent très présentes et contribuent à une forte mortalité, se devra d’être appréhendée en rappelant que les pandémies mettent en évidence les inégalités sociales, le manque d’infrastructures médicales et les difficultés des jeunes États latino-américains à organiser des politiques de santé publique efficaces au milieu des débats médicaux alimentés par les « contagionistes » et les « infectionnistes ».
Pour le XXᵉ siècle, les conférenciers pourront se focaliser sur une Amérique latine fortement touchée par diverses maladies et pandémies, en raison de l’urbanisation rapide, des inégalités sociales et une offre de systèmes de santé trop souvent insuffisante. De même et pour l’Espagne tout particulièrement il faudra retenir que la Grippe espagnole a constitué l’une des premières grandes crises sanitaires du siècle, provoquant une mortalité très élevée malgré les quarantaines, et dans de nombreux pays du sous-continent sera une fois de plus le révélateur de la faiblesse des infrastructures médicales. Plus tard, à partir des années 1980, le VIH/SIDA s’est largement diffusé, entraînant des conséquences sociales importantes, notamment la stigmatisation des malades, mais aussi la mise en place de politiques de prévention et d’accès aux traitements novateurs. L’analyse des reviviscences du choléra et de la tuberculose dans les villes en forte croissance, liées à la pauvreté et à la précarisation, sera intéressante pour comprendre l’épidémiologie de ces maladies. Face à ces crises, on étudiera le rôle des États et des organisations internationales comme l’Organisation mondiale de la santé qui ont progressivement mis en place des politiques de santé publique, notamment des campagnes de vaccination et des programmes de prévention. Ainsi, certaines contributions pourront-elles insister sur le fait que le XXᵉ siècle en Amérique latine se caractérise par une amélioration globale de la santé, quand d’autres souligneront la persistance de fortes inégalités face aux maladies. Quant au XXIᵉ siècle, ce sont les nouveaux défis sanitaires liés à la mondialisation et aux transformations environnementales qui seront mis en exergue. Quelques exemples : le virus Zika et la dengue qui se diffusent rapidement, ou la pandémie de COVID-19 qui engendra un bilan humain, social et économique très lourd.
Les propositions de communication doivent être adressées avant le 30 août 2026 à :
Marie-Hèlène Garcia, MCF en Civilisation espagnole :
mhelene.garcia@univ-artois.fr
Nicolas De Ribas, MCF en Civilisation de l’Amérique espagnole coloniale : nicolas.deribas@univ-artois.fr
Les propositions seront envoyées en format Word (une page), avec le titre de la communication, l’adresse électronique du conférencier, le résumé de 10 à 15 lignes, le curriculum vitae de la même longueur. Les travaux proposés doivent être inédits.
Les Actes de la JE seront publiés dans la Revue L’Entre-Deux de l’Université d’Artois [https://lentre-deux.com].
Pour vous inscrire à cet évènement, envoyez vos informations par e-mail à nicolas.deribas@gmail.com .
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Date et heure
16 - 10 - 2026