Vous êtes ici :

Réservé aux membres

En ligne

Total 1 user online on this page

Colloque international Zones humides et zones marécageuses dans les arts hispaniques (XVI-XXIème siècles) Littérature, peinture, musique, photographique, cinéma

Colloque international Zones humides et zones marécageuses dans les arts hispaniques (XVI-XXIème siècles) Littérature, peinture, musique, photographique, cinéma

Colloque international Zones humides et zones marécageuses dans les arts hispaniques (XVI-XXIème siècles) Littérature, peinture, musique, photographique, cinéma

5 5 people viewed this event.

Appel à communication
Colloque international
Zones humides et zones marécageuses dans les arts hispaniques (XVI-XXIème siècles)
Littérature, peinture, musique, photographique, cinéma
23-24 mars 2027
Organisateurs : Lise Demeyer, Benoît Santini, Florence Toucheron
UR 4030, HLLI
En collaboration avec le TVES (ULR 4477): conférence inaugurale de Xenia Philippenko
Lieu: Université du Littoral Côte d’Opale (Boulogne-sur-Mer)

Ce colloque international, sur la représentation des zones humides et marécageuses dans les arts hispaniques du siècle d’or à nos jours, entend s’inscrire dans le cadre de la réflexion entamée au sein de l’UR4030 sur l’espace maritime, et serait un prolongement des manifestations organisées à l’HLLI autour des différents espaces littoraux. La conférence inaugurale sera assurée par Xenia Philippenko, MCF en géographie humaine, spécialiste des risques côtiers, membre de l’ULR 4477 (TVES) afin de proposer une définition pragmatique de ces espaces hybrides, aquatiques et terrestres.
Espaces de l’entre-deux, à la fois terrestre et humide et pour cela même frontalier, l’estran, les marais, lagunes et marécages se caractérisent par leur dimension souvent nauséabonde (pensons à la vase et au limon), instable et labyrinthique. Sa représentation et son symbolisme sont pourtant versatiles : lieu de vie d’êtres fantastiques (comme c’est le cas pour Mélusine en France, pour la Roussalka dans la littérature slave, etc.), berceau de la naissance de nouvelles civilisations dans nombres de légendes et de mythologies (pensons à ce que représentent les lagunes de Texcoco et de Catemaco au Mexique ou les rivages du lac Titicaca dans les cosmogonies préhispaniques), lieu du fantastique, lieu de l’épopée ratée (on pourrait étudier l’héritage des chroniques des Indes, notamment celle d’Alvar Núñez Cabeza de Vaca, Naufragios, en proie aux marécages de Floride au XVIème siècle, dans la littérature hispano-américaine contemporaine), lieu où la violence se fait sournoise, car étouffée par les caractéristiques du paysage, lieu où les réflexions sur l’anthropocène se développent de manière prégnante, etc. L’un des axes de ce colloque serait de se demander si cet espace hybride, flou, mystérieux, est propice à certains genres littéraires comme le fantastique, le roman noir, le millénarisme, etc. Cet espace est d’ailleurs présent de manière récurrente au sein des littératures hispaniques : citons Cañas y barro de Vicente Blasco Ibáñez qui ouvre le XXème siècle, Camilo José Cela qui aborde subrepticement Doñana dans Primer viaje andaluz quand Caballero Bonald développe l’intrigue d’Ágata ojo de gato dans ces mêmes marais, En la orilla de Rafael Chirbes, Distintas formas de mirar el agua de Julio Llamazares pour l’Espagne ou les références de Juan Ramón Jiménez aux marais de Huelva dans Platero y yo et aux zones marécageuses de Floride dans d’autres de ses écrits; Temporada de huracanes de Fernanda Melchor, La estación del pantano de Yuri Herrera, Mugre rosa de Fernanda Trías ou Nuestra parte de noche de Mariana Enríquez etc. pour l’Amérique. Est-ce un espace chanté également par les poètes ? En effet, les eaux stagnantes ne sont pas oubliées dans la poésie latino-américaine : José Santos Chocano consacre un sonnet aux « pantanos », Blanca Varela dans ses poèmes « Casa de cuervos » et « En lo más negro del verano » fait, elle aussi, référence au « pantano » tout comme Piedad Bonnett dans son poème « Abismos ». Que dévoile la constellation sémantique des eaux stagnantes et des zones marécageuses dans la poésie latino-américaine ? Quelle en est la portée symbolique ?
La musique reprend également cette thématique, comme dans Marisma cansada, une composition du guitariste Pedro Bacán, ou dans « Aguas estancadas» du groupe d’enfants Brotes de Olivo. La musique fait-elle pour autant du marécage un espace lyrique, poétique, musical?
En peinture, citons La pradera de San Isidro de Goya, Barco en la Albufera de Sorolla, Puente en la marisma, de Emil Nolde, Estero manso de Pedro Lira, Paisaje de las salinas d’ Antonio Berni, par exemple. La représentation de ces zones humides et marécageuses est-elle la même qu’en littérature ? Comment et pourquoi représenter de manière picturale cette zone de l’entre-deux ? Par ailleurs, quel est le parti pris des photographes qui s’intéressent à ces espaces ? Pensons par exemple au photographe sevillan Atín Aya Abaurre, connu pour ses séries des Marismas del Guadalquivir (1991-1996). En plus des photographies naturalistes s’intéressant à la flore et à la faune qui habitent ces espaces (celles de Sebatião Salgado étant les plus célèbres), les photographies des eaux stagnantes thématisent-elles le trouble, le silence, le mystère, l’au-delà, etc. ?
Au cinéma, le film, El silencio del pantano (2009), choisit précisément la Albufera pour mettre en scène une série d’assassinats dans un contexte où corruption politique et mafia locale s’entremêlent. Les marais, de l’embouchure du Guadalquivir cette fois-ci, sont aussi repris dans un autre film policier espagnol à succès, La isla mínima (2014), marais qui installent une atmosphère asphyxiante tout au long du film. Dans le cinéma latino-américain, les eaux stagnantes qui ambiancent le long-métrage de Jayro Bustamente, La llorona (2019), soulignent le lien entre l’espace marécageux et l’expression du réalisme magique. S’exprime-t-il la même symbolique en cinéma qu’en littérature ? Comment filmer la spécificité des marécages ?
Deuxièmement, plus encore que de pointer la présence ou la description de ce topos, il s’agirait d’explorer les liens entre la dimension spatiale, par définition instable et asphyxiante du marécage (et des zones humides en général) et les traits psychologiques attribués aux personnages qui les habitent dans la fiction, à partir de la phénoménologie de l’espace de Gaston Bachelard , en particulier la « topo-analyse ». Pourquoi les marécages convoquent-ils en littérature et au cinéma des personnages dont l’attitude est négative ou versatile, des personnages marqués par l’errance, la mélancolie, la maladie, la dépression, la trahison, le meurtre ? Est-ce un invariant de tous les imaginaires ? Ou bien, certaines cultures trouvent-elles dans les zones marécageuses un lieu de bouillons de culture, des symboliques de vie et d’effervescence qui habiteraient leurs personnages (pensons aux lagunes intérieures des Andes et du Mexique) ? Serait-ce un lieu symbolique pour évoquer certaines formes de maternité, qui transgresseraient les normes établis ? Est-ce un lieu propre à la sorcellerie ou aux phénomènes paranormaux ? Les nouvelles approches géopoétiques pourraient permettre d’explorer les liens entre le topos des espaces humides et marécageux et la construction des personnages qui les habitent ?
Par ailleurs, les nouvelles perspectives soulevées par l’éco critique et l’éco poésie permettent d’envisager les zones humides et marécageuses comme des espaces menacés et menaçants, des espaces victimes, par exemple, du réchauffement climatique, de l’érosion des côtes et de la montée des eaux. Peut-on trouver chez certains artistes le reflet de leurs préoccupations climatiques quand ils choisissent l’espace marécageux comme lieu de leur fiction ? Les zones marécageuses, dans ce qu’elles représentent de territoire inhospitalier, sont-elles un lieu idéal pour refléter une certaine anxiété écologique ?

Axe 1 : zones humides, espace marécageux et genre et sous-genre littéraires ou artistiques
Axe 2 : zones humides, espace marécageux et personnage (phénoménologie de l’espace, topo-analyse et géopoétique).
Axe 3 : zones humides, espace marécageux et crise climatique

Les communications se feront en français et en espagnol.
Les propositions d’une dizaine de lignes accompagnées d’une brève présentation bio-bibliographique des auteurs/autrices devront parvenir à lise.demeyer@univ-littoral.fr, benoit.santini@univ-littoral. et florence.toucheron@univ-littoral.fr avant le 18 septembre 2026.

Comité scientifique
Macarena Areco, Universidad Pontificia de Chile, CELICH (Chili)
José Manuel Camacho Delgado, Universidad de Sevilla (Espagne)
Virginia Capote, Universidad de Granada (Espagne)
Florence Dumora, Université du Mans
Michèle Guillemont, Université de Lille 3
Fabrice Guizard, Université du Littoral Côte d’Opale
Christine Orobitg, Université de La Réunion
Francisca Noguerol, Universidad de Salamanca (España)

Bibliographie indicative :
BACHELARD Gaston (1961), La poétique de l’espace, Paris, Les Presses universitaires de France, 2010.
BLANC, Nathalie, CHARTIER, Denis, PUGHE, Thomas, “Littérature & écologie : vers une écopoétique”, Ecologie & politique, vol. N°36, no 2, 2008.
BLASCO IBÁÑEZ, Vicente, Cañas y barro, Madrid, Alianza Editorial, 1998.
CABALLERO BONALD, José Manuel, Ágata ojo de gato, Barcelona, Seix Barral, 2007.
CABEZA DE VACA, Alvar, Naufragios, Madrid, Alianza Editorial, 1996.
CELA, Camilo José, Primer viaje andaluz, Barcelona, Editorial Noguer, 1961.
CHIRBES, Rafael, En la orilla, Barcelona, Anagrama, 2013.
ENRÍQUEZ, Mariana Nuestra parte de noche, Barcelona, Anagrama, 2019.
HERRERA, Yuri, La estación del pantano, Cáceres, Periférica, 2022.
JIMÉNEZ, Juan Ramón, Platero y yo, Madrid, Cátedra, 1978.
LARSEN, Svend Erik, “Mar, identidad y literatura”, Anuario de literatura comparada, Aarhus University, Ediciones Universidad de Salamanca, 2013, pp. 171-188.
LLAMAZARES, Julio, Distintas formas de mirar el agua, Madrid, Alfaguara, 2015.
MEILLON, Bénédicte, “Le champ de recherche transdisciplinaire de l’écocritique et de l’écopoétique : définitions et notions”, Perpignan, Ecopoetics Pergignan, 2016, p. 6-7.
MELCHOR, Fernanda, Temporada de huracanes, Barcelona, Random House, 2017.
OJEDA RIVERA Felipe, VILLA DIAZ Juan, “La Doñana contada. País y paisajes de Doñana en la novela contemporánea”, Ería, 89, 2012, pp. 231-256.
SCHOENTJES, Pierre, Ce qui a lieu : essai d’écopoétique, Paris, éditions Wildproject, 2015, 295 p.
TRÍAS, Fernanda, Mugre rosa, Barcelona, Random House, 2021.

Additional Details

AAC ou programme -

Convocatoria-zonas-humedas-V2-julio-26.docx

Télécharger

Pour vous inscrire à cet évènement, envoyez vos informations par e-mail à lisedemeyer@hotmail.fr .

Inscrivez-vous via le webmail : Gmail / AOL / Yahoo / Outlook

 

Date et heure

23 - 03 - 2027 à
24 - 03 - 2027
 

Date de clôture des inscriptions

18 - 09 - 2026
 

Types d’événements

 

Catégorie de l’événement

Partager avec des amis