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Hommage de Christian Boix à Éliane Lavaud

Éliane Lavaud-Fage nous a quittés subitement le 3 juin 2026, terrassée par un mal aussi soudain qu’imprévisible. Alors qu’elle s’apprêtait à fêter son 91ème  anniversaire ce même mois, elle a rejoint son époux deux ans et demi après le décès de ce dernier.

Née à Brive au sein d’une famille modeste, notre collègue a eu un parcours aussi déterminé que brillant. Après des études supérieures à l’Institut d’Études Ibériques et Ibéro-américaines de l’université de Bordeaux – études financées par divers emplois –, elle passe l’agrégation d’espagnol et enseigne en lycée à Périgueux avant d’être appelée avec son mari, par le professeur Albert Mas, à rejoindre l’université de Dijon. Elle y fera toute sa carrière, gravissant un à un tous les échelons qui conduisent au poste de professeur des universités, jusqu’à sa retraite en 2000.

Son inlassable et passionné labeur sur l’œuvre en prose de Valle-Inclán a fait d’elle une spécialiste incontournable et universellement reconnue de cet auteur, aussi bien en France qu’en Espagne, aux États-Unis ou en Italie. Elle a d’ailleurs obtenu le Prix Valle-Inclán en 2006. Mais cet arbre essentiel ne saurait cacher la forêt des voies de son engagement dans l’enseignement supérieur. Sa curiosité pour les écrits de Torrente Ballester, l’impulsion donnée aux littératures, langues et civilisations ibéro-américaines par la création du Centre de Recherche et d’Études Hispaniques du XXème en 1983, ses responsabilités de vice-présidente de la SHF ou de conseillère auprès des services du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, sont autant de jalons d’une activité aussi constante que variée. Elle savait également alterner travail et loisirs : les siens se partageaient entre plaisir de recevoir, voyages, séjours à Peñíscola et constant souci du bonheur de ses proches et de tous ceux qu’elle appréciait.

Éliane Lavaud était un modèle de rigueur et d’efficacité, dotée d’une incroyable énergie qui l’a accompagnée jusqu’à son dernier souffle. Cette force rayonnante perdure dans ses réalisations : peuvent en témoigner la vitalité actuelle et sans faille d’Hispanística XX, plus de 40 ans après sa création, ainsi que ses anciens étudiants et doctorants ayant exercé ou exerçant dans diverses universités. Ces derniers se souviendront d’une grande dame de l’hispanisme à la forte personnalité, d’un exemple à suivre. 

Ma peine devant le terme brusque d’une longue amitié rejoint celle de sa fille Marie-Pierre, de son gendre Pascal et de sa petite-fille Camille. Éliane et Jean-Marie demeureront en nous, comme pour toutes celles et ceux qui les ont connus.

Christian Boix