La Société Française des Hispanistes et Ibéro-américanistes (SoFHIA) apporte son soutien plein et entier à la lettre ouverte adressée aux autorités argentines compétentes par le Comité des résidents de la Maison de l’Argentine à Paris, représenté par sa présidente Nicolina Porcelli et son vice-président Salvador Calanni. Cette lettre, co-signée par d’anciens résidents, d’anciens directeurs, des représentants de la Cité internationale Universitaire de Paris et des personnalités des mondes académique et culturel argentin et français, documente avec précision et gravité les dysfonctionnements affectant aujourd’hui la Maison de l’Argentine sous la direction de Santiago Muzio.
Les faits détaillés dans la lettre font état, en premier lieu, de présumées irrégularités dans l’usage des fonds publics argentins pour la conduite des travaux de rénovation de la Maison, menés sans transparence et dans des conditions non-conformes à la règlementation française, au détriment d’interventions urgentes préalablement approuvées.
Ils mettent en évidence, en deuxième lieu, une dégradation des relations institutionnelles, diplomatiques et culturelles avec la Cité internationale Universitaire de Paris et les autres maisons nationales, consécutive au refus de son directeur, Santiago Muzio, de signer la Charte des valeurs de la Cité, ainsi que la réduction de la programmation culturelle de l’institution.
Ils dénoncent, en troisième lieu, le retrait de plaques commémoratives en hommage aux victimes de la dernière dictature militaire, en violation de la loi nationale n° 25.633, et le climat de persécution politique qui s’est instauré à l’égard des résidents ayant participé aux réclamations liées à ce retrait, à travers une gestion discrétionnaire et arbitraire des places d’hébergement.
Ils signalent, enfin, l’organisation dans les locaux de la Maison d’activités politiques partisanes pourtant interdites, tant par son statut que par les règles de fonctionnement de la Cité internationale, en lien avec l’Institut de Sciences Sociales, Économiques et Politiques (ISSEP), une institution de formation de cadres de l’extrême droite européenne fondée par Marion Maréchal, dont Muzio dirige la branche espagnole.
L’ensemble de ces événements est contraire au consensus démocratique et aux obligations de l’État argentin en matière de Mémoire, de Vérité et de Justice. En sa qualité d’institution éducative et culturelle nationale à l’étranger, la Maison de l’Argentine a le devoir de contribuer au développement académique, scientifique et social de son pays, d’en respecter les symboles et les politiques publiques, ainsi que de garantir à ses résidents un cadre de vie sûr, pluraliste et transparent.
En tant que société savante regroupant les spécialistes français du monde hispanique et ibéro-américain, dont les membres entretiennent des liens académiques étroits avec l’Argentine, la SoFHIA se joint aux signataires de la pétition pour demander aux autorités argentines une intervention urgente, la réalisation d’un audit intégral de la gestion actuelle, et la démission de Santiago Muzio de ses fonctions de directeur de la Maison de l’Argentine à Paris ou, à défaut, sa révocation.
Lien pour signer la pétition : https://forms.gle/ZPuqybbCZAkEqemb9