Bernard Sesé (1929-2020)
 
L’hispanisme est en deuil. Bernard Sesé, professeur émérite de l’université Paris-Nanterre nous a quittés le 6 novembre 2020. Toutes celles et tous ceux qui l’ont côtoyé ont pu mesurer ses très grandes qualités humaines et intellectuelles. Les personnes qui n’ont pas eu ce privilège l’ont connu et apprécié autrement, en lisant ses nombreuses publications.
Modeste, il n’évoquait guère son brillant parcours : études à la Faculté des Sciences de Paris en 1947 (Certificat d’Études physiques, chimiques et biologiques) ; major de l’agrégation d’espagnol en 1956 ; doctorat d’État, couronné par la plus haute mention, sur l’œuvre poétique d’Antonio Machado en 1977 ; DESS de psychologie clinique en 1982, sans compter sa participation, entre 1983 et 1986, aux travaux de la Ve section de l’EHESS où il s’est intéressé aux sciences religieuses et à l’anthropologie historique des croyances. Membre correspondant de la Real Academia Española depuis 1996, il avait également reçu la croix de commandeur de l’ordre d’Isabelle la Catholique.
Bernard Sesé a été un enseignant chercheur qui a formé plusieurs générations d’hispanistes : successivement en poste à l’université Mohammed V de Rabat, à la Sorbonne, puis à Paris X-Nanterre (aujourd’hui « université Paris-Nanterre »), il a captivé ses étudiants par son immense savoir, la qualité de ses cours et sa bienveillance.
Tout au long de ce parcours d’excellence, il a régulièrement publié, tant en France qu’à l’étranger, dans des revues de qualité (Bulletin hispanique, Carmel, Crisol, Europe, Ínsula, Les langues néo-latines, Sigila…) et chez les éditeurs les plus en vue (Arfuyen, Bulzoni, Castalia, Cerf, Corti, Desclée de Brouwer, Espasa-Calpe, Flammarion, Gallimard, la tête à l’envers, Les Belles Lettres…). L’hommage qui lui avait été rendu en 2001 – Variations autour de la poésie. Hommage à Bernard Sesé, Thomas Gomez (éd.), Nanterre, Publication du Centre de Recherches Ibériques et Ibéro-Américaine de l’université de Paris X-Nanterre, 2001, 2 vol. – recensait déjà une quantité impressionnante de travaux : ouvrages, éditions de textes bilingues, études, essais, articles, traductions littéraires, ouvrages pour l’enseignement de l’espagnol, collaboration à des ouvrages collectifs. Depuis lors, Bernard Sesé avait poursuivi ses recherches et ses publications : citons par exemple, un article intitulé « Poétique du secret selon Thérèse d’Avila et Jean de la Croix » in Le partage du secret. Cultures du dévoilement et de l’occultation en Europe, du Moyen Âge à l’époque moderne, Bernard Darbord et Agnès Delage (éd.), Armand Colin, 2013, p. 417-431 ou, plus récemment encore, sa participation, en tant qu’auteur et coordinateur pour les domaines hispanophone et lusophone, à La Bible dans les littératures du monde, Paris, Éditions du Cerf, 2016, sans oublier son dernier ouvrage, Poética de la experiencia mística. La dichosa ventura de Teresa de Jesús y Juan de la Cruz, Burgos, Fonte/Monte Carmelo, coll. « Mística y Místicos », 2018, 338 p. Si dans le cadre de ses recherches Bernard Sesé a abordé des auteurs aussi divers que Félix Lope de Vega, Pedro Calderón de la Barca, Federico García Lorca ou Jorge Guillén, ses apports majeurs ont porté sur Antonio Machado et sur les mystiques, Thérèse d’Avila et Jean de la Croix.
Parallèlement à ses activités de chercheur, il est un domaine où il excellait également : la traduction littéraire. Ses premiers pas dans ce domaine datent de la fin des années 1950 avec sa traduction de l’ouvrage de la poétesse vénézuélienne Luz Machado de Arnao, Chant à l’Orénoque, Paris, Éditions Caractères, 1958. C’était là le premier maillon d’une longue série de traductions et d’éditions bilingues. À ce titre, il doit être considéré comme un « passeur », puisqu’il a sans cesse œuvré pour transmettre le plus fidèlement possible des textes littéraires à des lecteurs qui ne pouvaient pas toujours les lire dans leur langue d’origine. Ses traductions présentent des caractéristiques qui montrent l’étendue de sa palette. Tout d’abord, il a traduit non seulement de l’espagnol, mais également du portugais, vers le français : c’est ainsi que dans la liste particulièrement fournie de ses publications, Fernando Pessoa voisine avec Juan Ramón Jiménez ou que Mário de Sá-Carneiro côtoie Antonio Machado. Pour ce qui est de la langue espagnole, il a traduit, en collaboration parfois avec son épouse Sylvie Sesé-Léger, de très nombreux auteurs, parmi lesquels les plus grands noms de la littérature espagnole : Juan de la Cueva, Juan de Timoneda, Lope de Rueda, fray Luis de León, Pedro Calderón de la Barca, José Zorilla, Benito Pérez Galdós, Pío Baroja, Rafael Alberti, Ramón del Valle-Inclán, Federico García Lorca, Antonio Machado, Juan Ramón Jiménez, Elena Quiroga, Ángel María de Lera, etc. Grâce à ses traductions, il a également donné la possibilité aux lecteurs français non hispanophones d’accéder aux œuvres de nombreux romanciers et poètes hispano-américains tels que Mario Vargas Llosa, Pablo Neruda, Leopoldo Lugones, Ricardo Eufemio Molinari, Alberto Girri ou Jean Aristeguieta. Tout cela constitue une liste extraordinaire qui réunit la fine fleur de la littérature de langue espagnole, depuis la Renaissance jusqu’à l’époque contemporaine, en passant par les périodes baroque et romantique. Bernard Sesé a donc traduit tous les genres littéraires : textes en prose, théâtre, poésie.
Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si nombre d’auteurs qu’il a traduits sont des poètes. En effet, il est lui-même poète et a publié plusieurs recueils en vers, révélateurs de son talent : L’aube exaltée (Paris, Debresse, 1961), Claires paroles (Saint-Laurent-du-Pont, Le Verbe et l’empreinte, 1986), Discipline de l’arcane (Paris, Arfuyen, 2004), Ivre de l’horizon (Paris, Convivium Lusophone, 2013), Par inadvertance (Crux-la-Ville, la tête à l’envers, 2014), L’autre et la nuit (Crux-la-Ville, la tête à l’envers, 2014). Il est évident que c’est sa sensibilité de poète qui lui a permis, avec finesse, élégance et justesse, de transposer brillamment, en vers français, les œuvres des plus grands poètes de langue espagnole et de langue portugaise. Son talent et ses compétences de traducteur de textes poétiques éclatent par exemple dans l’édition qu’il avait récemment donnée de l’Œuvre poétique de Jean de la Croix (Paris, Arfuyen, 2016). Il s’agit d’un volume bilingue dans lequel le texte de Jean de la Croix et celui en français de Bernard Sesé sont mis en regard, permettant ainsi d’apprécier à sa juste valeur son exceptionnel génie de la traduction. En effet, traduire les textes poétiques de ce religieux de l’ordre du Carmel relève de la gageure, car son écriture, parfois énigmatique et souvent empreinte de traits d’oralité, se caractérise aussi par une musicalité particulière due à des sons et des rythmes propres à la langue espagnole, qu’il est très difficile de rendre dans une autre langue, le français en l’occurrence. La lecture des vers de Bernard Sesé montre à l’évidence que cela n’a pas constitué un écueil pour lui. C’est ainsi que l’on remarque dans sa version française un respect de la syntaxe parfois étonnante de Jean de la Croix, une fidélité au vocabulaire si particulier de ce carmélite et la conservation des rythmes et des sons mêmes des textes d’origine. Jamais n’apparaît sous la plume du savant traducteur les défauts que sont l’interprétation ou la sur-traduction. Jamais la beauté poétique des vers de Jean de la Croix n’est trahie. Jamais la pensée de l’auteur n’est déformée ou interprétée par le traducteur. Et cela malgré une expression en espagnol parfois aride, liée à la dimension mystique de l’écriture de Jean de la Croix, laquelle visait essentiellement à traduire par des mots une expérience spirituelle relevant de l’ineffable, d’où une contradiction évidente entre la volonté du poète de décrire ses expériences mystiques et les limites qui lui étaient imposées par la langue elle-même.
Bernard Sesé, l’image même d’un intellectuel humaniste de notre époque, nous laisse donc en héritage une œuvre foisonnante, d’une richesse extraordinaire (travaux scientifiques, traductions, ouvrages pour l’enseignement universitaire de l’espagnol, recueils de poésie…), et le souvenir d’un homme qui, s’il se distinguait par son érudition, ses talents d’enseignant, ses compétences de traducteur et une sensibilité exceptionnelle, savait aussi toujours faire preuve d’ouverture d’esprit, de courtoisie et de très grandes qualités de cœur.
Marc ZUILI (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
 

Jean-René Aymes (1937-2020)
 
Deux textes d'hommage, écrits par Serge Salaün et Françoise Étienvre, ont été publiés sur le site du CREC. Un extrait de l'entretien (vidéo) réalisé par Ivanne Galant et Jorge Villaverde, dans le cadre de leur projet "Des hispanistes en voyage", est également disponible à cette adresse-ci.
 
Voici également le texte d'hommage rédigé par Marie-Angèle Orobon et Frédéric Prot, qui paraîtra dans la revue Les Langues Néo-Latines, nº 395, de décembre 2020 et que nous reproduisons avec l'accord de sa directrice, Catherine Heymann, que nous remercions infiniment :
 
L’hispanisme vient de perdre en Jean-René Aymes un de ses plus éminents historiens. Spécialiste de l’Espagne des Lumières, de la Guerre d’Indépendance, du libéralisme révolutionnaire et du romantisme, il laisse une œuvre considérable dont l’importance lui valait admiration et respect en France et surtout peut-être en Espagne. Parce qu’il fut pionnier dans plusieurs de ses domaines d’investigation, il était une autorité, même si, par une ineffable réserve qui était son élégance, il aurait vivement récusé le mot. Aussi tous ceux qui l’ont connu et ont bénéficié de son savoir, ressentent, au souvenir de sa générosité et de sa gentillesse, une profonde tristesse depuis sa mort, survenue brutalement le dimanche 8 novembre.
Professeur émérite de l’Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3, Jean-René Aymes a consacré ses recherches et son enseignement à l’histoire politique et culturelle de l’Espagne à une époque décisive de sa transition vers la modernité (dernier tiers du XVIIIe siècle - première moitié du XIXe siècle). Comme tel était son caractère, il pratiqua le métier d’historien à hauteur d’homme. Il s’attacha à l’expérience individuelle de la violence politique, dans la guerre, la déportation et l’exil notamment, et celle collective de la construction d’une société autour de valeurs fédératrices.
Né en 1937 à Fumel (Lot-et-Garonne), Jean-René avait intégré l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud par la voie du mérite après s’être distingué au sein de l’École Normale Primaire, comme cela était possible à l’époque. Agrégé d’espagnol, il enseigna quelques années dans le secondaire avant de devenir maître-assistant à l’Université de Caen. En 1979, il était élu Professeur à l’Université de Tours puis, en 1991, à celle de Paris 3- Sorbonne Nouvelle où il enseigna jusqu’à son éméritat en 2000.
Plusieurs fois directeur d’UFR, il développa une grande activité au sein d’équipes de recherche dont il fut le (co)fondateur : le CIREMIA (Centre Interuniversitaire de Recherche sur l’Éducation et la Culture dans le Monde Ibérique et Ibéro-américain) lancé à Tours en 1985 au côté d’Ève-Marie Fell et de Jean-Louis Guereña, auquel il resta fidèle après son élection à la Sorbonne Nouvelle en participant à tous ses colloques ; le CRODEC, à Paris 3, en 1991 (Centre de Recherche sur les Origines de l’Espagne Contemporaine) dont le statut de « Jeune Équipe », selon la dénomination institutionnelle, amusait Jean-René du fait, disait-il en souriant, de « l’âge du géniteur » ; et le CREC en 1996 au côté de Serge Salaün (Centre de Recherche sur l’Espagne Contemporaine).
A Tours, où il présida la Régionale de la Société des Langues Néo-latines, Jean-René reprit le flambeau de la série des Études Hispaniques créée quelques années auparavant par Augustin Redondo. Les volumes qui parurent sous son impulsion furent consacrés à des thèmes alors novateurs : « Communautés nationales et marginalité », « Voyages et séjours d’Espagnols et d’Hispano Américains en France ». Soucieux de synergies entre chercheurs, il s’engagea avec enthousiasme dans des travaux sur la question pionnière de l’Éducation (colloques de 1987 sur « École et Église », puis, de 1990, sur l’Université), alors que le thème commençait seulement à émerger en Espagne. Il coédita ainsi plusieurs ouvrages : École et société en Espagne et en Amérique latine (XVIIIe-XXe siècles) (1983) ; L’enseignement primaire en Espagne et en Amérique latine du XVIIIe siècle à nos jours–Politiques éducatives et Réalités scolaires (1986) ; ou encore Matériaux pour une histoire de la scolarisation en Espagne et en Amérique latine (XVIIIe-XXe siècles) (1990). Avant de cofonder le CIREMIA, il anima l’équipe de recherches hispaniques de l’Université de Tours baptisée « Mentalités et comportements collectifs dans le monde ibérique et ibéro-américain ».
L’approche comparatiste et transdisciplinaire de la culture défendue pendant sa carrière tourangelle se trouva amplifiée au sein du CRODEC de Paris 3. Ce groupe allait réunir, selon le vœu de son fondateur, chercheurs français, espagnols et nord-américains, en inscrivant au cœur de ses problématiques le point de vue comparatiste, c’est-à-dire les influences, modèles, contacts, conflits entre France et Espagne et, plus généralement, « l’image de l’autre ». Deux ouvrages, fruits de deux colloques organisés en 1993 (en collaboration avec Françoise Étienvre et Claude Morange de l’Université de Paris 3) et en 1995 (avec Javier Fernández Sebastián, de l’Universidad de País Vasco), portèrent à la connaissance du public les réflexions transpyrénéennes menées au sein du CRODEC selon des perspectives novatrices –notamment l’interdisciplinarité– et dans des champs encore peu explorés à l’époque : la lexicographie comparée, les mentalités et les différentes formes de sociabilité.
Les séminaires mensuels du CREC qu’il anima conjointement à Serge Salaün jusqu’à son départ à la retraite en 2000 ont donné lieu à trois coéditions aux Presses de la Sorbonne Nouvelle : Être espagnol (2000), Le métissage culturel en Espagne (2001), Les fins de siècle en Espagne (2003).
L’historien qu’était Jean-René Aymes trouva, dans les années soixante-dix, un premier grand foyer d’expression dans les célèbres colloques de Pau organisés par Manuel Tuñón de Lara, où se retrouvaient des historiens espagnols –parmi lesquels Alberto Gil Novales ou Antonio Elorza– et de jeunes hispanistes qui allaient marquer d’une impulsion nouvelle le domaine de l’histoire contemporaine, Jacques Maurice, Brigitte Magnien, Jean-François Botrel, Carlos Serrano, Paul Aubert, Jean-Michel Desvois, Gérard Brey et Jean-Louis Guereña.
Sa thèse d’État, soutenue en 1978 sous la direction du professeur Paul Guinard (Paris IV) et publiée en 1983 sous le titre La déportation sous le Premier Empire. Les Espagnols en France (1808-1814) (Paris, Publications de la Sorbonne) a constitué « un apport des plus considérables à la connaissance de l’une des périodes les plus difficiles des relations franco-espagnoles » (Gérard Dufour, Bulletin Hispanique, n°3-4, 1984).
Il ne fait pas de doute que Jean-René Aymes a représenté cet hispanisme rayonnant et conquérant de nouveaux terrains d’étude, comme la littérature de voyage (L'Espagne romantique : témoignages de voyageurs français, Paris, 1983), la presse et les arts. Il a été l’un des pionniers, dans le domaine hispanique, de l’histoire culturelle et de l’histoire des concepts, revenant et enrichissant sans cesse sa réflexion sur les notions clés de l’ère contemporaine : liberté, nation ou souveraineté – mots qui, disait-il, étaient des « armes de combat » dotées d’« une force terrible ». Ses travaux se distinguent, outre par leur rigueur et érudition, par un style à la fois alerte et élégant. Il était tenu en grande estime par ses pairs historiens espagnols notamment pour ses nombreux travaux sur la Guerre d’Indépendance et son approche novatrice en tant que guerre d’opinion entre propagande et contre-propagande. Un de ses ouvrages, objet de nombreuses rééditions depuis 1984 (Siglo XXI de España), demeure un manuel classique pour tous les étudiants en histoire en Espagne, ainsi que pour les étudiants hispanistes. Citons aussi La guerra de España contra la Revolución francesa, 1793-1795 (Alicante, Instituto de cultura Juan Gil-Albert, 1991) et L'Espagne contre Napoléon : la guerre d'Indépendance espagnole, 1808-1814 (Paris, Nouveau monde éd., Fondation Napoléon, 2003).
Après son départ à la retraite, un ouvrage d’hommage édité par Françoise Étienvre, professeur à l’Université de Paris 3, avait réuni une sélection de ses travaux, Voir, comparer, comprendre - Regards sur l'Espagne des XVIIIe et XIXe siècles (Paris, PSN, 2003). Le titre est évocateur d’une recherche en mouvement nourrie par le dialogue entre les cultures. Cet ouvrage dressait un panorama ordonné en trois axes reflets de sa recherche : l’Espagne des Lumières ; l’Espagne et la Révolution française –problématique où ses apports sont essentiels– ; et l’époque romantique. L’entrée dans l’éméritat et dans le nouveau siècle a inauguré une nouvelle étape qui s’est traduite par une production fertile. Deux commémorations, en particulier, allaient solliciter sa participation à des colloques en Espagne, en France et en Italie, les bicentenaires de 1808 et 1812, ajoutant à sa vaste bibliographie de nouveaux titres, fruits de nouvelles recherches, comme La Guerra de la Independencia: héroes, villanos y víctimas (1808-1814) (Lleida, Milenio, 2008). Mais il faut aussi mentionner, entre autres, ces deux ouvrages liés à ses thèmes de prédilection retravaillés et approfondis : Ilustración y Revolución francesa en España (Lleida, Milenio, 2005) et Españoles en París en la época romántica 1808-1848 (Madrid, Alianza Editorial, 2008), où il dressait une magnifique galerie de portraits de ces militaires, journalistes, politiques et artistes dans leur exil parisien.
Il lui tardait de pouvoir retourner en Espagne, à la sortie de ce confinement qui le privait des archives, des bibliothèques et de ses amis fidèles d’outre-Pyrénées. En infatigable chercheur qu’il a été jusqu’à son décès brutal, il venait d’achever un ouvrage sur l’émigration afrancesada et absolutiste en France dans les premières décennies du siècle, qui constituait la suite de La Guerra de la Independencia y la posguerra : Yo, para mi desgracia, estaba allí... : Los escritos de los prisioneros españoles deportados y de los emigrados afrancesados en Francia (1808-1820), dont le premier tome a été publié en 2016 (Madrid, FEHME) et qui fera l’objet d’une édition posthume. Il disparaît un an à peine après Claude Morange, maître de conférences honoraire de la Sorbonne Nouvelle, également remarquable dix-huitiémiste et spécialiste du libéralisme. La disparition de son camarade de promotion à l’ENS auquel l’avait toujours uni un compagnonnage amical et intellectuel l’avait profondément attristé.
Mais, pour nous, évoquer la figure de Jean-René Aymes ne peut se limiter au professeur, au chercheur et au directeur de recherches. À sa rigueur et à sa générosité intellectuelles s’ajoutaient la simplicité, la gentillesse et l’humour. Ce natif du Sud-Ouest, dont il avait conservé un léger accent, aimait les voyages, passion qu’il partageait avec son épouse Madeleine, disparue en décembre 2015, historienne de formation, qui avait aussi partagé son goût de l’archive et de l’étude. Ensemble ils avaient visité plusieurs pays andins, dont ils avaient rapporté une belle collection de huacos qui ornait le salon de leur appartement. Tous deux amateurs de musique, baroque notamment, ils étaient des habitués des concerts du Temple parisien des Billettes à la superbe acoustique. Une photo récente le représente dans le bureau de son appartement du XIIe arrondissement de Paris. Son air naturellement sérieux est éclairé par un regard clair et vif qui laisse deviner l’enthousiasme inquieto qui l’animait.
Marie-Angèle Orobon et Frédéric Prot
(Universités Sorbonne Nouvelle et Bordeaux Montaigne)
 
Legardeta, 9 de noviembre del 2020

Señores,

Es con gran pesar que tenemos que comunicar que hace tan sólo dos días falleció en Paris víctima del Covid-19 el ilustre miembro del Foro para el Estudio de la Historia Militar de España (FEHME) y Profesor Emérito de la Universidad de la Sorbona Jean-René Aymes.

Nacido en Fumel (departamento de Lot-et-Garonne), Jean-René fue uno de los hispanistas más reconocidos y admirados desde la publicación en 1978 de su tesis La déportation sous le Premier Empire. Les Espagnols en France (1808-1814). Conocedor profundo de nuestro idioma, enamorado de nuestra cultura y visitante frecuente de los archivos españoles, el Profesor Aymes era una persona sencilla, amable y dispuesta a ayudar a todos los que buscaban la luz de sus conocimientos. Tras nueve años en la Universidad de Caen, Aymes es contratado en la Universidad François Rabelais de Tours en 1979, donde impulsa la creación del CIREMIA (Centre interuniversitaire de Recherche sur l’Éducation et la Culture dans le Monde Ibérique et ibéro-américain), organizando frecuentes coloquios en Francia y España. En 1991 pasó a ejercer la cátedra de Español en la Sorbona Paris III.

Autor prolífico sobre temas del siglo XVIII y XIX, su erudición no le impidió escribir con fluidez y soltura sobre los temas más complejos. Es suyo un libro hoy convertido en manual imprescindible para acercarse a un período capital de nuestra historia: La Guerra de la Independencia en España (editado en 1974 por Siglo XXI Editores y reimpreso varias veces). El FEHME tiene previsto publicar a comienzos del 2021 lo que será el libro póstumo de Aymes: Yo para mi desgracia estaba allí (2ª parte).

Su extensa bibliografía incluye multitud de artículos y comunicaciones y ponencias sobre la literatura y la sociedad hispana en el siglo XVIII y XIX. Entre los libros recientes más destacados:

- Ilustración y Revolución francesa en España. Milenio. / 978-84-9743-155-2

- La Guerra de la Independencia: héroes, villanos y víctimas (1808-1814). Milenio / 978-84-9743-260-3

- La Guerra de la Independencia en España (1808-1814). Siglo XXI de España Editores / 978-84-323-1335-6

- Memorias sobre la guerra de los franceses en España. SÍLEX EDICIONES / 978-84-7737-439-8

- La Guerra de la Independencia (1808-1814): calas y ensayos. Doce Calles / 978-84-9744-091-2

- Españoles en París en la época romántica 1808-1848. Alianza Editorial / 978-84-206-8389-8

- La Guerra de la Independencia y la posguerra Yo, para mi desgracia, estaba allí…. Foro para el Estudio de la Historia Militar de España / 978-84-942122-9-1

- Aragón y los románticos franceses (1830-1860). Guara / 978-84-85303-87-8

- Francia en España, España en Francia. La historia de la relación cultural Hispano-Francesa (siglos XIX-XX). Ediciones Universidad de Salamanca / 978-84-7800-678-6

- Memorias sobre la guerra de los franceses en España. Servicio de Publicaciones de la Universidad de Cádiz / 978-84-9828-332-7

. Los españoles en Francia (1808-1814). Siglo XXI de España Editores / 978-84-323-0610-5

- La guerra de España contra la revolución francesa. Instituto Alicantino de Cultura Juan Gil-Albert / 978-84-7784-918-6

- España y la revolución francesa. Editorial Crítica / 978-84-7423-393-3

- Ilustración y liberalismo 1788-1814. PATRIMONIO NACIONAL / 978-84-7120-420-2

- L'Espagne contre Napoléon: La Guerre d'indépendance espagnole. Nouveau Monde / 978-2-84736-021-9

- Las visiones francesas de la Guerra de la Independencia. Fundación Gustavo Bueno / 978-84-92993-14-7

- La imagen de Francia en España (1808-1850). Universidad del País Vasco / 978-84-7585-924-8

Descanse en paz Jean-René, un amigo de España y un investigador incansable de nuestra historia.

José María Espinosa de los Monteros - Presidente FEHME


Robert JAMMES (1927-2020)

Robert Jammes naît le 27 avril 1927 dans une famille de modestes agriculteurs de la petite ville ariégeoise de Pamiers, où il passe son enfance et son adolescence. Sa famille maternelle, depuis trois générations, y pratique le maraîchage et ses parents, conscients des capacités intellectuelles exceptionnelles de leur enfant mais tout autant persuadés que dans la vie il faut avoir plusieurs cordes à son arc, l’initient à toutes les tâches agricoles. Un enseignement qu’il n’oubliera jamais et une pratique que jamais il n’abandonnera : pour transmettre cet héritage, il rédigera, à la retraite, nombre de rubriques “agricoles” publiées dans le Bulletin Municipal de Vieille-Toulouse, rubriques qu’il signera du nom de Robert le jardinier, en écho à celui de Michel le jardinier alors célèbre sur nos antennes nationales.

Reste que l’écolier et le lycéen d’exception qu’est Robert sait fort tôt qu‘il ne perpétuera pas la tradition familiale. Sa mère, femme intelligente et dont il parle toujours avec une grande émotion, l’a bien compris et l’encourage à poursuivre des études. Il entre en hypocagne au lycée Henri IV. Mais, bientôt, la maladie le rattrape et c’est depuis Pamiers, où il est rentré se réfugier, qu’il prépare, pratiquement seul, le concours à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm où il intègre en 1947 et dont il sort agrégé d’Espagnol en 1951.

Nommé professeur au lycée de Carcassonne, il va rester peu de temps dans l’enseignement secondaire. Très vite il est sollicité pour donner quelques heures de cours à l’université de Montpellier et, dès 1953, y est recruté en tant qu’Assistant. En 1957, il est nommé Chargé d’enseignement à la Faculté des lettres de Grenoble, où il devient responsable du département nouvellement créé. Détaché au CNRS en 1962 (il en recevra la médaille de bronze en 1969), il se consacre pendant trois ans à la rédaction de sa thèse puis rejoint, en 1965, l’université de Toulouse-Le-Mirail où il exerce d’abord comme Maître-Assistant, puis comme Maître de conférences et, enfin, sa thèse soutenue à Bordeaux, comme Professeur. Tout au long de ces années, sa forte personnalité et sa fidélité à ses convictions (politiques notamment, puisqu’il est, depuis 1955, et restera toujours membre du Parti Communiste Français) l’amènent à se heurter, surtout dans la période agitée qui s’ouvre avec les mouvements des années 1968, à certains de ses collègues.

Entre-temps, en 1967, Robert Jammes a publié sa thèse sous le titre d’Études sur l’œuvre poétique de Don Luis de Góngora y Argote. C’est un ouvrage révolutionnaire, puisqu’il prend le contre-pied des études gongorines parues jusqu’alors, de cette critique partielle et formaliste à laquelle s’oppose sa vision d’ensemble de toute l’œuvre du poète ainsi qu’une analyse de son contenu et de sa signification. Et c’est un ouvrage qui s’imposera, dès sa parution, comme la Bible de tous les spécialistes de Góngora et de la poésie au Siècle d’or, ou, pour le dire avec les mots d’Antonio Carreira, comme « el Nuevo Testamento del gongorismo, con relación al Viejo, más formalista, representado por Dámaso Alonso ».

À vrai dire, ce n’était pas, en la matière, la première publication de Robert Jammes qui, entre 1956 et 2017, aura consacré une cinquantaine d’études au grand poète de Cordoue. Rappelons quelques titres essentiels :

– l’édition critique et annotée des Letrillas (1957) ;

– l’édition des Firmezas de Isabela (1984) ;

– l’édition des Soledades (1994) ;

– une anthologie bilingue de la poésie de Góngora : Comprendre Góngora (2009) ;

– l’édition et la traduction, avec version en prose, des Solitudes (2017).

Cet ensemble laisse apparaître plusieurs constantes de la production scientifique de leur auteur : une érudition hors pair appuyée sur une maîtrise parfaite des langues anciennes (latin et grec) ; une volonté de sortir du monde étroit des spécialistes pour rendre Góngora accessible à un public plus large, qu’il soit espagnol ou français ; un désir d’atteindre aussi le public étudiant qui, avec celui des jeunes chercheurs, sera l’objet d’une attention permanente de ce grand professeur.

C’est ainsi qu’il élaborera, avec la collaboration d’Odette Gorsse et du LESO, un manuel de version, plusieurs fois réédité (Vingt-six versions espagnoles [licence, concours], 1984) ; c’est ainsi, encore, qu’il réunit, avec Pierre Alzieu, Francis Cerdan, Yvan Lissorgues et Frédéric Serralta, un premier noyau de jeunes chercheurs travaillant sur le Siècle d’or, qui deviendra avec le temps une équipe associée au CNRS et l’un des premiers centres internationaux de la recherche sur la littérature de cette période ; c’est ainsi, enfin, qu’il sera à l’origine, avec Aurora Egido, de la création de l’AISO (Association internationale « Siècle d’or ») dont les trois premiers annuaires, jamais égalés, constitueront une base fondamentale pour l’organisation de la recherche auriséculaire dans le monde.

Cette préoccupation pour l’établissement d’instruments mis à la disposition de l’ensemble des chercheurs concernés se retrouvera, sous d’autres formes, dans la rédaction du Glosario de voces anotadas des cent premiers volumes des Clásicos Castalia (1993) ; elle trouvera surtout à s’exprimer dans la création, avec Odette Gorsse, de la revue Criticón qui, après avoir été l’une des très rares publications périodiques exclusivement consacrées au Siècle d’or, reste aujourd’hui une des principales revues de référence pour nombre de jurys chargés d’évaluer la recherche en cours.

Il va sans dire, finalement, que les intérêts scientifiques de Robert Jammes ne sont pas limités aux domaines que l’on vient de citer. Par-delà le champ gongorin, il a, avec Pierre Alzieu et Yvan Lissorgues, publié une anthologie pionnière de poèmes érotiques des XVIe et XVIIe siècles (Floresta de poesías eróticas, 1977) ; il a également réélaboré, en en modernisant et restructurant la présentation pour le lecteur d’aujourd’hui, le Vocabulario de refranes y frases proverbiales de Correas (2000) dont il avait retrouvé le principal manuscrit, l’offrant alors généreusement à Louis Combet pour qu’il puisse en faire une édition critique en guise de thèse.

« Généreusement » vient-on de dire. C’est là sans doute le trait principal de l’homme que fut Robert Jammes. Indifférent, pour ne pas dire réticent, aux honneurs (il avait refusé d’être le premier président de l’AISO qu’il venait de faire naître), redoutable satiriste des modes et dérives intellectuelles coupées de toute information scientifique sérieuse (Rétrogongorisme, 1978), Robert Jammes n’a jamais hésité à donner à ses collègues proches comme à ses collègues lointains, à partager avec eux son immense savoir. Aujourd’hui il nous a quittés, mais demeurera son rayonnement à travers la reconnaissance qu’éprouvent pour lui tant et tant de chercheurs qui, comme nous, ont pu croître sous son ombre tutélaire.

Odette Gorsse et Marc Vitse
(Université de Toulouse-Jean Jaurès)
 
Estimados colegas:
La muerte de nuestro amigo, colega y maestro el profesor Robert Jammes nos ha afectado mucho, y especialmente a los colaboradores de la revista CRITICÓN. Robert Jammes la fundó en 1978, fue director de la publicación hasta 2011 y director honorario a partir de 2012. En el año 2018 pudimos rendirle un homenaje con motivo de los cuarenta años de la Revista. Desgraciadamente no pudo estar con nosotros en el Instituto Cervantes de Toulouse.
Nos han llegado de todo el hispanismo marcas de amistad con motivo de su muerte. CRITICÓN no puede menos que abrir sus páginas a cuantos quieran manifestar al profesor Robert Jammes su respeto, su admiración y su reconocimiento.
Por eso la dirección de CRITICÓN propone un número especial In Memoriam que recogerá, sin renunciar a su conocida política de exigente selección, los artículos de cuantos quieran participar. Se publicará en 2022.
El tema del número es: Poesía y Teatro del Siglo de Oro
Las condiciones generales de entrega son la siguientes:
Título del artículo y resumen en español (no pasar de 15 líneas): 30 de julio de 2021.
Entrega del artículo (no podrá pasar de 40.000 caracteres, espacios incluidos): 1 de enero de 2022.
Las normas de presentación se encuentran en la edición papel y en la edición en línea de CRITICÓN.
Reciban un cordial saludo de la Dirección
 

 

Agenda

Janvier 2021
L Ma Me J V S D
1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31

Appels à communication

Appel à communication : Colloque « Les arts plastiques et la musique au prisme du cinéma : penser l'hybridité » - 30/01/2021
Appel à communications. Colloque “Hacia la modernidad política en Iberoamérica. Formación del Estado, relaciones internacionales y representaciones de la nación, 1808-1848.” - 19/11/2021
Enchantement et réenchantement des rapports entre humains et non-humains dans le monde hispanophone. - 30/01/2021
Poste de doctorant.e "Imaginaires lesbiens dans la littérature de langue espagnole (2005-2020)" - 01/03/2021
Appel à contribution - revue HispanismeS - 11/07/2021
Appel à dossiers, contributions CCEC - 12/10/2021
Comprendre les expériences transnationales : Mobilités et histoire des émotions (16e-21e siècles) - 26/02/2021
IV Congrès Réseau International ALEC "Les Aînés dans le Monde au XXI° siècle. Vivre ensemble" - 07/05/2021
Genre et Féminismes dans les Amériques latines [GeFemLat] - 07/06/2021
Appel à candidature à un contrat doctoral en études catalanes - 07/02/2021
Le concept d'outsider - 30/03/2021
Mémoires dans la Caraïbe et les Amériques - 01/06/2023
“CUM FINIS”. MUJERES EN LOS CONFINES DE SÍ MISMAS - 30/04/2021
L’Interview littéraire : mise en scène et (re)configuration de soi - 15/02/2021
Années 1920 : espaces ibériques et visions transatlantiques - 30/04/2021
Journée d'étude : Comment traduire pour les jeunes générations? - 23/03/2021
Les propositions de direction de volume Revue Textes&Contextes - 25/01/2021
Colloque international « L’homme marginal » dans les Amériques XVI-XXIe siècles : Une approche féconde pour (re)penser les mobilités trans-coloniales, trans-impériales et trans-nationales? / Vendredi 5 et samedi 6 février 2021 - 06/02/2021
Colloque international "Afrohispanismes contemporains. Histoires, cultures et littératures de Guinée Equatoriale" - 11/06/2021

Congrés, colloques et journées d'étude

08/01/2021 - Appel à communication : Colloque « Les arts plastiques et la musique au prisme du cinéma : penser l'hybridité »
08/01/2021 - Appel à communications. Colloque “Hacia la modernidad política en Iberoamérica. Formación del Estado, relaciones internacionales y representaciones de la nación, 1808-1848.”
09/01/2021 - Enchantement et réenchantement des rapports entre humains et non-humains dans le monde hispanophone.
09/01/2021 - Poste de doctorant.e "Imaginaires lesbiens dans la littérature de langue espagnole (2005-2020)"
10/01/2021 - Appel à contribution - revue HispanismeS
10/01/2021 - Appel à dossiers, contributions CCEC
11/01/2021 - Comprendre les expériences transnationales : Mobilités et histoire des émotions (16e-21e siècles)
11/01/2021 - IV Congrès Réseau International ALEC "Les Aînés dans le Monde au XXI° siècle. Vivre ensemble"
11/01/2021 - Genre et Féminismes dans les Amériques latines [GeFemLat]
12/01/2021 - Appel à candidature à un contrat doctoral en études catalanes
13/01/2021 - Le concept d'outsider
13/01/2021 - Mémoires dans la Caraïbe et les Amériques
14/01/2021 - “CUM FINIS”. MUJERES EN LOS CONFINES DE SÍ MISMAS
15/01/2021 - L’Interview littéraire : mise en scène et (re)configuration de soi
16/01/2021 - Années 1920 : espaces ibériques et visions transatlantiques
23/01/2021 - Journée d'étude : Comment traduire pour les jeunes générations?
25/01/2021 - Les propositions de direction de volume Revue Textes&Contextes
05/02/2021 - Colloque international « L’homme marginal » dans les Amériques XVI-XXIe siècles : Une approche féconde pour (re)penser les mobilités trans-coloniales, trans-impériales et trans-nationales? / Vendredi 5 et samedi 6 février 2021
10/06/2021 - Colloque international "Afrohispanismes contemporains. Histoires, cultures et littératures de Guinée Equatoriale"

Annonces

Aucun événement
Aller au haut