Macedonio Fernández, "précurseur" de J. L. Borges. Presses Universitaires de Rennes, 2014

On s'€™est beaucoup interrogé sur l'€™articulation de la double face de Macedonio Fernández (Buenos Aires, 1874-1952), auteur de textes philosophiques et d'€™une oeuvre littéraire variée (humour, roman, poésie). Cet ouvrage, dont le fil conducteur est la critique de la représentation dans le domaine philosophique et dans la pratique littéraire, cherche à saisir le moment où la distinction entre philosophie et littérature disparaît. Le concept d'€™affection, élaboré à  la lisière des oeuvres de ses maîtres (A. Schopenhauer, W. James) et dans l'€™effervescence des avant-gardes, est la clé de cette entreprise.
En 1921 arrive en Argentine le fils d'€™un ami de jeunesse de Macedonio, J. L. Borges, qui rapporte ainsi les liens d'€™amitié qui se nouèrent entre eux : « Les historiens de la mystique juive parlent d'€™un type de maître appelé Zaddik, dont la doctrine de la Loi est moins importante que le fait qu'€™il soit lui-même la Loi. Il y avait quelque chose de Zaddik chez Macedonio. En ces années-là , je l'€™imitais jusqu'à la simple transcription, jusqu'€™au plagiat passionné et plein de dévotion. Je ressentais Macedonio comme étant la métaphysique et la littérature. Ceux qui l'€™ont précédé ont pu resplendir dans l'€™histoire, mais c'étaient des brouillons de Macedonio, des versions préalables et imparfaites. Ne point imiter cette norme eût été une incroyable négligence. » Les pages de ce livre ne perdent jamais de vue les traces que Macedonio a pu laisser dans l'™oeuvre de son disciple le plus doué.