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Revue Miroirs (Département Langues & Cultures, Université Toulouse Capitole)
Miroirs : Revue des civilisations anglophone, ibérique et ibéro-américaine
https://hal.archives-ouvertes.fr/MIROIRS
Appel à contributions
Numéro 7 Sociétés du savoir
à paraître en 2022
 
Le savoir est l’un des fondements des sociétés humaines, qui lui attribuent un statut spécifique au sein de leurs institutions politiques. Dès l’origine, le savoir est associé à l’État, et participe ainsi à la légitimité de ce dernier. Dans les sociétés occidentales, le savoir a très vite été associé au texte écrit. L’administration des sociétés dépend de l’écrit par la force du droit, ce que Jack Goody appelle « la raison graphique ». La « logique » de l’écriture impose la force de la trace écrite, où l’écrit (de jure) remporte sur ce qui se fait en pratique (de facto). Cette forme particulière de communication a été un des catalyseurs également des processus d’homogénéisation et de normalisation des pratiques sociales, linguistiques et culturelles. L’histoire du droit et de l’évolution de l’imprimerie ne sont que deux des instances qui témoignent de ce processus. Par ailleurs, la relation entre savoir et pouvoir d’état ayant contribué à la légitimation de certains savoirs ainsi qu’à leur hiérarchisation, on voit se dessiner les contours d’une opposition entre « science royale », inscrite dans une économie du savoir et « science nomade », qui tend à remettre en cause la norme de production des savoirs institués, gardiens d’une norme (Deleuze et Guattari, 1980).
 
Foucault (1975, 1976) avait formulé et théorisé les notions de biopolitique et de gouvernementalité pour parler du pouvoir de l’état sur les corps des sujets. Si « le savoir est le pouvoir », ce dernier se manifeste de diverses manières. Il peut s’agir des formes institutionnelles, institutionnalisées du pouvoir, comme le pouvoir politique, le pouvoir économique, etc. et d’autre part des rapports de pouvoir entre les individus.
 
Les historiens et chercheurs en sciences humaines et sociales ont bien documenté, étudié, analysé ces formes que prennent ces contre-pouvoirs. On le définit, de manière générale, comme « pouvoir du peuple », au nom duquel se sont développés des contre-pouvoirs comme les mouvements d’opinion ainsi que certaines formes ciblées du militantisme (contre le traitement injuste imposé aux sujets par la carbon democracy, ou par la pharmocracy etc.). Il s’appuie sur la généralisation de l’usage des réseaux et des flux d’opinion mettant ainsi en avant des savoirs hétérodoxes (théories du complot, vérités alternatives, etc.). L’enjeu démocratique se heurte le plus souvent à des phénomènes de concentration du savoir entre les mains des élites économiques, politiques ou spirituelles, qui en déterminent la nature (sa légitimité) et les modes de diffusion. Dans cet espace quadrillé, contrôlé, le savoir est aussi générateur de normes comportementales qui diffusent au sein du corps social, et fondent une culture complexe, entre pouvoir, contrôle et émancipation. Le savoir comme arme économique et stratégie de développement du pouvoir des Etats (soft power) est devenu un enjeu de géopolitique dans le monde contemporain. Ces différentes luttes donnent lieu à des processus où peut également se manifester le pouvoir d’agir des sujets.
 
La question du monopole exercé par une élite dans le domaine de la genèse et du contrôle de la diffusion des savoirs est également au cœur de la réflexion sur les droits humains. Selon l’UNESCO, « le savoir et l’information ont un impact considérable sur la vie des gens. Le partage du savoir et de l’information, en particulier à travers les technologies de l’information et de la communication (TIC), a le pouvoir de transformer les économies et les sociétés ». Ce pouvoir repose sur « quatre piliers : la liberté d’expression, l’accès universel à l’information et au savoir, le respect de la diversité culturelle et linguistique et une éducation de qualité pour tous »[1].
 
Pour ce numéro thématique sur les sociétés de savoir, les auteur.e.s pourront proposer des textes issus des travaux de recherches théoriques et empiriques explorant la question du savoir autour des thématiques suivantes, dans une approche interdisciplinaire sur 
 
les liens entre la gouvernance par le pouvoir-savoir et la violence engendrée par l’épreuve de la force
la dialectique entre l’inclusion et l’exclusion 
des perspectives historiques et/ou de terrain à l’appui des exemples
le développement de la notion d’« information » et la diplomatie
les répercussions sociales et sociétales dans les rapports humains
les normes et les valeurs en tant qu’elles sont influencées par le mode de gouvernance
l’économie de la connaissance
les formes de propagande d’état et ses contre-modèles dans l’art et la littérature
les questions relatives à l’éducation et aux médias comme moyens de diffusion des savoirs
 
 
 
 
 
Références bibliographiques
 
DELEUZE Gilles, GUATTARI Félix, Capitalisme et schizophrénie 2 : Mille plateaux, Paris, Les Editions du Minuit, Collection Critique,1980.
 
FOUCAULT Michel, Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975. 
 
FOUCAULT Michel, La Volonté de savoir, Paris, Gallimard, 1976. 
 
GOODY Jack, La Raison graphique. La domestication de la pensée sauvage, Paris, Les Editions de Minuit, Collection Le sens commun, 1979, traduit de l’anglais par Jean Bazin et Alban Bensa.
 
MITCHELL Timothy, Carbon Democracy. Le pouvoir politique à l'ère du pétrole, Paris, La Découverte, 2013, 1ère édition 2011, traduit de l'anglais par Christophe Jaquet.
 
SUNDER RAJAN Kaushik, Pharmocracy. Value, Politics, and Knowledge in Global Biomedicine, Durham and London, Duke University Press, coll. Experimental Futures, 2017.
 
 
Détails de la publication
Les auteur.e.s intéressé.es par cet appel à communications pourront envoyer leur proposition (300-500 mots) dans une des langues de la revue avec une note biographique (50 mots) à ; et
 
La revue applique la lecture en double aveugle des textes proposés avant la publication.
 
Langues de publication : anglais, catalan, espagnol, français
 
Soumission des propositions : 15 décembre 2021
Retour aux auteure.s. : 10 janvier 2022
Articles à envoyer : 15 mai 2022
Navette avec évaluateurs : 15 juillet 2022
Navette avec auteur.e.s et retour des textes corrigés : 30 septembre 2022
Publication : novembre 2022
 
 
 
 
 
Lieu Université Toulouse Capitole
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