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« inCORP(S)orer, éprŒUver, tradOUÏre » – Appel à communications – Colloque PICT – 7, 8, 9 juin 2023 Télécharger au format iCal
 
Université d’Angers
Projet PICT / Laboratoire 3L.AM
Colloque PICT –  7, 8, 9 juin 2023
Appel à communications
« inCORP(S)orer, éprŒUver, tradOUÏre »
 
Depuis septembre 2021, le projet PICT (Penser, Traduire, représenter le(s) Corps : dire l’Intime) explore les corps narrés, archivés, dessinés qui produisent des récits incorp(s)orés, éprœuvés, tradouïs. A l’occasion de conférences, d’ateliers, de lectures, de performances et d’enregistrement de podcasts, nous avons travaillé avec des chercheur·seuse·s, des auteur·rice·s, des traducteur·rice·s et des artistes sur l’élaboration des récits et les représentations des corps par le truchement du vers, des mots, par le trait, le geste et le bruit[1]
 
C’est dans ce cadre que nous organisons, les 7, 8 et 9 juin 2023, un colloque de clôture qui viendra prolonger nos réflexions et croiser nos hypothèses avec de nouvelles perspectives. Nous chercherons à déployer les textes, écorcer l’intime, décortiquer les sons, afin d'aborder des formes artistiques et critiques déjà existantes et de les déborder en les examinant depuis d’autres lieux de pensée. Nous nous intéresserons notamment à la bande dessinée, à la poésie graphique et à la performance bruitiste, sans exclure pour autant d’autres médias tels que le théâtre et la danse afin d’éprouver les notions de décentrement[2], de graphiation[3], d’extime[4].
 
 En quoi la bande dessinée propose-t-elle un espace d’expérimentation propice à la traduction de l’intime ? Dans quelle mesure le corps du texte et les représentations des corps s’articulent-ils ? Comment la sonorité d’une langue fait-elle écho à celle d’une autre, comment se transpose-t-elle d’un média[5] à un autre ?
Au cours de ce colloque, nous expérimenterons autour des termes hybrides incorp(s)orer, éprœuver, tradouïre.
 
  • Peut-on inCORP(S)orer ? Nous souhaitons questionner la malléabilité et la porosité des corps, textuels ou autres, en ce qu’ils résistent à la transmédialité et à la traduction. En traduisant, en écrivant, en dessinant, en chantant, cherchons-nous à inCORP(S)orer l’autre dans une démarche familiarisante ou étrangéisante[6] ? Quels échos politiques résonnent dans ce geste d’inCORP(S)oration ? Comment le corps résiste-t-il ?
  • Comment éprŒUver ? Dans quelle mesure les corrections apportées/imposées à un texte, à un corpus, à un corps viennent-elles lisser ce qu’on suggère, ce qu’on énonce et ce qu’on esquisse ? Les retouches relèvent-elles d’une mise à l’épreuve qui ne craint ni l'ambiguïté ni le paradoxe ou ne consistent-elles qu’à gommer dans une œuvre ce qui gêne, ce qui heurte ? La rature est-elle la trace d’une refonte ou une coquetterie ? A force de remanier le corps, l’image et le texte, se réconcilie-t-on avec l’intime ?
  • Jusqu’où tradOUÏre ? Qu’y a-t-il à attendre/entendre de la traduction ? La traduction est-elle aujourd’hui un champ d’exploration et d’expérimentation privilégié pour aborder le bruissement des langues[7] ? Quel(s) bruit(s) produit l’accord du son et du signe ? Comment aborder la dissonance ? Comment apprivoiser le brouhaha[8] des onomatopées et des pas sur la/les planche(s) ?
A partir de ces trois mots clés, nous vous invitons à (re)manier les notions, les mots, les langues et les images pour penser et proposer des réflexions innovantes sur les thématiques du déplacement, de l’(in)adaptation et de la faille, réflexions que nous espérons voir « éprœuvées » tout au long de ces trois journées rythmées par des échanges et des ateliers, et ponctuées de performances et d’expositions.
Le colloque « inCORP(S)orer, éprŒUver, tradOUÏre » est ouvert aux chercheur·euse·s, traducteur·rice·s, artistes, poète·sse·s, doctorant·e·s, éditeur·rice·s, qui travaillent sur le corps et voudraient en rendre compte/conte, que ce soit par le prisme de la traduction, de la musique, ou de l’expérience sensible. Il n’y a pas de restriction de nature de corpus, d’époque, d’aire culturelle ou géographique. Nous serons ravies d’accueillir aussi bien d’ancien·ne·s collaborateur·rice·s que de nouveaux·elles venu·e·s.
Les langues de communication et de travail seront le français, l’anglais et l’espagnol, mais le colloque aura à cœur d’accueillir des corpus de tout horizon linguistique (y compris des œuvres plurilingues, hybrides et en langues inventées).
Les propositions de communication pourront prendre la forme :
  • de conférences (simples ou dialoguées)
  • de tables rondes
  • d’ateliers d’analyse, de création ou de traduction
  • de performances ou de lectures
  • de présentations de travaux de recherche ou de recherche-création en cours
  • de restitutions dessinées
  • d’expositions (présentielles ou virtuelles)
Modalités de soumission :
  • Résumé de la communication d’environ 300 mots.
  • Notice bio-bibliographique de 10 lignes
  • Les interventions (hors performances, ateliers, lectures, plénières…) dureront entre 20 et 30 minutes
  • Les ateliers pourront durer 2h.
Calendrier
  • Date limite d’envoi des propositions à Ludivine Bouton-Kelly () et Agatha Mohring (agatha.mohring@univ-angers.fr) : 06/02/2023
  • Notification d’acceptation : 19/02/2023
 
[1] Toutes nos activités à ce jour sont recensées sur notre carnet Hypothèses : https://pict.hypotheses.org/
[2] Nous empruntons ce terme de « décentrement » au traductologue Henri Meschonnic, au sens où il l’emploie pour définir la traduction comme « ré-énonciation spécifique d’un sujet historique, interaction de deux poétiques, décentrement, le dedans-dehors d’une langue et des textualisations dans cette langue ». (Meschonnic, Henri, « Propositions pour une poétique de la traduction », Langages, 7ᵉ année, n°28, 1972. La traduction. p. 49-54).
[3] Ce concept, forgé par Philippe Marion, correspond à la trace dans l’œuvre de « cette instance énonciatrice particulière qui “traite” le matériau graphique constitutif de la bande dessinée et lui insuffle, de manière réflexive, l'empreinte de sa subjectivité singulière, la marque de son style propre » (Marion, Philippe, « Scénario de bande dessinée. La Différence par le média », Études littéraires, 1993, vol. 26, no 2, p. 83).
[4] Jacques Lacan réinvestit le néologisme d’Albert Thibaudet (Thibaudet, Albert, « Réflexions sur la littérature », La Nouvelle Revue Française (1909-1943), 1923, n° 117, p. 930‑938), il le substantive sous la forme « extimité » (Lacan, Jacques, Le séminaire Livre VII, L’éthique de la psychanalyse 1959-1960, Paris, Seuil, 1986, p. 167) et l’assimile, selon Jean-François Côté, à : « ce lieu central, cette extériorité intime, cette extimité, qui est la Chose ». Jacques Lacan a très peu conceptualisé l’extimité, ce sont principalement ses commentateurs qui ont théorisé ultérieurement l’extime (Côté, Jean-François, « Des origines artistiques de l’extimité à une esthétique généralisée des démocraties de masse chez Andy Warhol », Le Texte étranger, janvier 2011, n°8, n.p.). Au-delà de cet horizon psychanalytique, nous nous intéresserons aux perspectives théoriques littéraires (Tournier, Michel, Journal extime, Paris, Musardine, 2002), sociologiques (Tisseron, Serge, « Intimité et extimité », Communications, 2011, vol. 88, n°1 Cultures du numérique, p. 83‑91), artistiques (Sadivan, Patrick, Chavel, Solange, Servoise, Sylvie (eds.), Grammaires de la vulnérabilité L’art de l’intime, Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 2011, 471 p.) ou politiques (BARBISCH, Caroline, Extimités : enquête sur les formes contemporaines d’expression de l’intime et du désir dans l’espace public, ENAC Faculté de l’environnement naturel, architectural et construit, IA Institut d’architecture et de la ville, Lausanne, 2013, 363 p.) liées à l’extime.
[5] Nous choisissons de ne pas utiliser le concept de « medium » (ou « médium »), qui renverrait à une dimension essentialisante inadaptée à l’objet et à la perspective de ce colloque. Nous privilégierons le concept que préconise Éric Méchoulan : le « média » qui, en référence au pluriel latin, « renvoie à une série singulière de relations », et que le chercheur définit en ces termes : « ce média n’est jamais séparé d’autres médias. C’est au contraire dans la relation aux autres médias qu’un média est constitué. D’où le grand intérêt du pluriel/singulier “média” qui l’indique dans sa formation même » (Méchoulan, Éric, « Intermédialité, ou comment penser les transmissions », Fabula Colloques, 5 mars 2017, n.p.). Se référer au « média », et non au « medium », nous permet donc de nous concentrer sur les évolutions médiatiques et les dynamiques d’emprunts et d’échanges intermédiaux.
[6] Nous faisons référence ici aux notions de domestication et foreignization telles qu’elles sont énoncées et analysées par Lawrence Venuti dans son ouvrage The Translator's Invisibility: A History of Translation  paru en 1995 (New York, Routledge). Reprises aujourd’hui dans les propos théoriques sur la traduction, ces notions nous permettent de traiter le geste de la traduction tant du point de vue linguistique que du point de vue historique et politique.
[7] L’idée de « bruissement des langues » fait inévitablement écho à l’essai de Roland Barthes Le bruissement de la langue (Seuil, 1984) et à sa définition de la notion de « bredouillement »  : « La parole est irréversible, telle est sa fatalité. Ce qui a été dit ne peut se reprendre, sauf à s’augmenter: corriger, c’est, ici, bizarrement, ajouter. En parlant, je ne puis jamais gommer, effacer, annuler; tout ce que je puis faire, c’est de dire “j’annule, j’efface, je rectifie”, bref de parler encore. Cette très singulière annulation par ajout, je l’appellerai “bredouillement”. Le bredouillement est un message deux fois manqué : d’une part on le comprend mal, mais d’autre part, avec effort, on le comprend tout de même; il n’est vraiment ni dans la langue ni hors d’elle (...) . »
[8] Nous pouvons aussi penser ici à la notion de « brouhaha » tel que Lionel Ruffel l’envisage dans son ouvrage sur le contemporain : Brouhaha, Les mondes du contemporain, Verdier, 2016.
Lieu Université d'Angers
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