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Le 21 février dernier, Jordi Joaquim Costa (1939-2018), professeur de linguistique catalane honoraire à l’Université de Perpignan – Via Domitia, nous a quittés. Avec lui disparaît l’un de ces enfants de réfugiés catalans qui ont pu trouver, de ce côté-ci de la frontière, avec l’École de la République, tout un chemin de réussite professionnelle qui leur a permis de conjuguer racines et métier.

Jordi, chercheur discret mais toujours assidu à la tâche, après une carrière d’enseignant d’espagnol dans le secondaire, a réalisé sa thèse – publiée en 1986 sous l’intitulé Atlas linguistique “Sacaze” des confins catalano-languedociens – sur les traces d’Henri Guiter, à qui il est resté fidèle, malgré les critiques (davantage idéologiques que proprement scientifiques) que son œuvre a pu susciter.

Jordi Costa a su transmettre avec conviction ses deux passions, pour la dialectologie et l’onomastique, à ses étudiants de l’Institut Franco-Catalan Transfrontalier. L’enseignement de la variété et de la richesse de la langue et de son lien consubstantiel à la culture, l’ont amené à présider un temps le jury du CAPES de catalan.

Ses recherches ont fait à juste titre (et l’estime particulière que lui portait, entre autres, le grand dialectologue Joan Veny) de lui un membre correspondant de l’Institut d’Estudis Catalans pour la Catalogne Nord. C’est ainsi qu’il n’a jamais cessé de publier des articles soignés et rigoureux, et de participer à des revues, colloques et congrès sur tout le territoire des Pays catalans, et au-delà, de la romanistique. Comme témoins les plus significatifs de cet engagement dans une recherche de spécialiste exigeant, on retiendra, outre l’Atlas Sacaze, un Répertoire patronymique des Pyrénées-Orientales au XIXe siècle (1994), Onomàstica a la Catalunya Nord (1997) et le Répertoire-atlas diachronique des noms de famille des Pyrénées-Orientales au XXe siècle (2000).

À son épouse, à sa fille Marie-Noëlle, spécialiste du Spill de Jaume Roig et de traduction, qui dirige actuellement le Département d’Études hispaniques de l’UPVD,et à toute sa famille, la SHF dont il a longtemps été membre, exprime ses sincères condoléances.

Christian Lagarde