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1928-2017

Julián Garavito, dont le patronyme apparaît dans des documents d’archives depuis plusieurs siècles en Colombie, est né à Bogotá en 1928 de parents colombiens. Venu en France dès l’enfance, il a réalisé, à Paris, ses études primaires, secondaires (lycées Montaigne et Louis-le Grand) et supérieures (Faculté de Droit et Sorbonne), obtenant, outre un premier Baccalauréat de Droit, une Licence en Lettres (1949) et un Certificat d’Aptitude à l’enseignement du français à l’étranger (1951). Il a alors commencé une longue carrière d’enseignant en espagnol, en particulier dans le domaine économique et commercial. En 1952, il est devenu professeur à l’École des Cadres pour jeunes filles (aujourd’hui EDC Paris Business School). Très attaché à la diffusion de la langue espagnole, il est l’auteur de deux ouvrages d’apprentissage, écrits seul ou en collaboration.

Parallèlement à l’enseignement, il a mené une intense activité de traducteur et de critique. À partir de 1964, il a collaboré régulièrement à de nombreuses revues, tant françaises que colombiennes et latino-américaines dont celle de la Société Française des Traducteurs (Traduire), dans laquelle, outre des comptes rendus, il a écrit des articles sur Miguel Angel Asturias et Alejo Carpentier. Il a aussi été la cheville ouvrière du numéro d’Europe (juillet-août) consacré à la littérature colombienne, alors très peu connue ainsi que l’auteur de chronologies historico-littéraires et de plusieurs articles parus dans les numéros-panoramas présentant les littératures du Pérou (juillet-août 1966), du Guatemala (septembre 1968), du Paraguay (juin 1970) ou du Chili (octobre 1976).

Adhérent de la Société des Langues Néo-Latines pendant plus de quarante-cinq ans et secrétaire général pendant une vingtaine d’années, il a alimenté la revue, jusqu’à ses derniers jours, avec ses notes de lecture. Membre de l’Association France-Cuba depuis sa fondation (1961), il a été le rédacteur en chef de Cuba sí. En Colombie, il a participé à la vie intellectuelle de plusieurs revues de la capitale : Espiral, Noticias Culturales, Razón et Fábula et a publié maintes recensions sur des œuvres littéraires et des travaux linguistiques dans le Thesaurus de l’Institut Caro y Cuervo. Il est aussi l’auteur d’un long et riche essai de 224 pages publié et diffusé par le Centre des Hautes Études Afro-Ibéro-Américaines de l’Université de Dakar : Introduction à la culture colombienne (1971).

Les traductions qu’il a assurées sont aussi nombreuses que variées : des romans comme Mamita Yunai de C.L. Fallas (traduit en 1964), Deux jours de septembre de J.M. Caballero Bonald (1966), L’homme qui avait tout, tout, tout de M. A. Asturias (1973) ; des anthologies poétiques comme La Poésie costaricienne du XXe siècle (1997) ou La Poésie panaméenne du XXe siècle (2005) publiées chez Patiño ; des récits comme L’homme qui avait l’air d’un cheval de Rafael Arévalo Martínez (2005) ou comme les Nouvelles hispano-américaines 1 (2003, en collaboration avec C. Régnier) ou encore des études comme Carlos Gardel. Tango à l’infini (2007) ou La cité des colonnes, étude d’Alejo Carpentier sur l’architecture de La Havane (2015) pour n’en citer que quelques-unes.

C’est un homme de grande culture et un infatigable passeur de littérature latino-américaine qui s’en est allé.

Catherine Heymann